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Des démons qui font de la peinture, des sorciers qui font de la couture, des vampires qui apprennent la cuisine... Bref ! Tout est possible à Chimera, même se faire manger par l'infirmier...

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 Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford

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MessageSujet: Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford   Ven 1 Mai - 17:09






Les nuages de l'après-midi s'étaient accumulé, jusqu'à cacher le soleil. Ils avaient été forcés d'allumer les lumières du salon de thé dès seize heures. Et la pluie avait suivi. Son battement résonnait, incessant, sur le toit, et venait tomber sur les fenêtres, traçant de fines lignes aqueuses, qu'un enfant s'amusait à suivre du doigt.

Ludvig n'aimait pas la pluie. Elle le rendait mélancolique, et nostalgique. Elle lui rappelait la neige qui tombait, et cette vie qu'il avait abandonné derrière lui. Il ne voulait plus penser à Elle. Mais la pluie, lui rappelant la neige, la rappelait sans cesse à son souvenir. Alors il s'arrêta, un plateau dans la main. Maggie posa une main sur son épaule, et il se réanima. Il secoua légèrement la tête, comme s'il se réveillait d'un rêve, et la regarda, désolé. Il se dirigea vers la table où on avait demandé ce thé. Sans faire attention à la personne, il sourit, d'un air absent, en la servant, puis repartit. Il demanda à la gérante s'il pouvait partir plus tôt, et elle lui accorda ceci. Elle devait se dire, et à raison, que dans cet état il ne lui serait pas très utile.

*

Il avait encore oublié son parapluie, nota-t-il en sortant. Mais à vrai dire, ce n'était pas comme s'il accordait beaucoup d'attention à cet oubli. Il quitta la petite rue où se trouvait le salon de thé, prenant une artère plus grande et large. Il se dirigeait vers une petite librairie qu'il avait repérée quelques jours plus tôt, mais où il n'avait pas encore eu l'occasion de mettre les pieds. A ce qu'on lui en avait dit cependant, elle recelait de trésors en tout genre, qui pouvaient lui plaire, à lui, l'amoureux des livres.

Ludvig était trempé lorsqu'il ouvrit la porte de la librairie. Il dégagea des mèches – foncées, à cause de l'eau – de son visage, puis se dirigea à l'aveuglette dans les rayonnages. Il avait le nez en l'air, regardant d'un air curieux les plantes suspendues. Il éternua, puis décida de couvrir son nez de son mouchoir. C'est vrai que le pollen allait être plutôt handicapant pour lui durant le printemps, s'il comptait venir souvent. Il soupira, toussa, puis s'approcha à nouveau des rangées de livre.

Il se trouvait dans une section de romans policiers, visiblement. Il lisait les noms d'Agatha Christie et d'Arthur Conan Doyle entre autres, de là où il se trouvait. Il fit le tour, avant de trouver finalement un rayon qui l'intéressait davantage. Celui des romans d'aventure. Le sorcier adorait ces livres, et vivre par procuration des choses qu'il ne pourrait jamais vivre vraiment. Explorer des continents disparus, voyager pour accomplir une quête ? Lire le fascinait, mais le vivre l'intéressait moins, finalement.

Alors qu'il lisait les titres, le nez en l'air, il finit par heurter quelqu'un. Heureusement, comme il marchait doucement, il n'avait pas dû lui faire mal. Il baissa la tête vers la jeune fille qu'il venait de déranger.

- Excusez-moi, je ne vous avais pas vue.

Et, alors qu'il la regardait, il se rendit compte qu'il la connaissait. Oh, elle n'avait plus grand-chose à voir avec la petite fille qui avait été son amie autrefois dans leur beau royaume glacé de Norvège. Mais ses traits qu'il scrutait, ils ne le tromperaient pas. Il pencha la tête sur le côté, interloqué, alors qu'un simple nom s'échappa d'entre ses lèvres.

- … Noah ?

Sa voix s'était faite hésitante, pas vraiment persuadé qu'il ne faisait pas erreur sur la personne, malgré tout. Il avait l'impression de la reconnaître, mais … lorsqu'il l'avait connu, elle avait les cheveux noirs, et des yeux d'un bleu exceptionnel. Le négatif de ce qu'il voyait à présent. Il baissa la tête, puis soupira.

- Excusez-moi, je dois faire erreur sur la personne.

Sur ce, il releva la tête vers les livres, étouffant une quinte de toux dans son mouchoir. Ce n'était qu'une vague ressemblance, sans doute. C'était la pluie et ses souvenirs, voilà tout.



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MessageSujet: Re: Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford   Ven 1 Mai - 20:30

ce regard m'est familier ❖  ft. ludvig eriksen
Les yeux fixés sur l'intérieur de son casier ; tu observes, détailles malgré toi chaque lettre taguée sur le métal, chaque affaire maltraitée, les punaises mises ici et là sous les rires de fond, récupérant tes bien utiles que tu fourres dans ton sac, claquant la porte de métal d'une manière si abrupte que tout le monde se tait ; tu tournes les talons, ouvres ton parapluie et t'enfonces sous la pluie, sans un sourire, sans un pleur, pas le moindre rictus - impassible marionnette de verre. Tu avances sous la pluie, rêveuse, serrant ton sac contre ton flanc. Tu regardes l'intérieur du tissu sur lequel est tracé une carte au trésor imaginaire, t'arrêtant dans la rue pour tracer du doigt un itinéraire impossible, te faisant évitée par quelques patients. Quelques uns s'arrêtent pour regarder cet être étrange, les autres l'évitent. Tu entends des murmures, des klaxons, tu sors de sous ton poncho noir tes écouteurs, les mettant dans tes oreilles avant de continuer d'avancer sur un rythme paisible pour ton ouïe.

❖ ❖ ❖ ❖ ❖


Tu détestes la pluie. Tu as toujours détesté la pluie depuis que tu es arrivée à Londres et ta neige oh ta si jolie neige te manque tant ; tu voudrais à nouveau pouvoir te jeter dedans, écarter les bras pour avoir l'image d'un ange ; mais le noir ne partirait pas, le noir collerait toujours à ta peau. Les sourires ne remonteraient pas et les rires se tairont toujours ; rien ne changera si tu remettais les pieds en Norvège - tu ne les remettras pas. Tu n'aimes pas repenser à ta terre natale quand bien même tu as toujours ce mal du pays insoignable ; c'était comme une vieille blessure : la pluie te lançait, partout, ça tirait, désagréablement, jusqu'à ce que le beau temps revienne et ça rend tous les déplacements terribles. Tu avais l'impression que ton corps se déchaussait de sa peau, brûlée à vif par les goûtes d'eau sur les muscles crissant. Tes cheveux si lisses commençaient légèrement à onduler sous l'humidité au fur et à mesure que tu avançais et ta joue te piquait. Tu avais encore eu quelques problèmes quotidiens à ton lycée, faisant passer ça pour une chute dans les escaliers, te retrouvant avec un pansement énorme sur la joue, un bandage sur une main et l'avant-bras et une écorchure visible au coin de la lèvre. Peut-être que ça participait à attirer les regards sur toi, aussi.

❖ ❖ ❖ ❖ ❖


Tu fermes ton parapluie, passant la porte, quelques gouttes tombant sur ton poncho et ton visage que tu balayes d'un revers de main, saluant de la tête le libraire qui te voit passer presque tous les jours. Sans réellement réfléchir, tu as posé ton parapluie à l'entrée et tu t'es aventurée dans les rangées, regardant lasse les couvertures d'ouvrages qui pourtant te fascinaient. Tes doigts effleuraient autant les reliures de Baudelaire que de Freud ou Kant pour finir par se perdre sur Lewis Carroll ou Verlaine. Tu as passé un long moment à feuilleter des ouvrages et lire quelques passages, plantée debout dans la rangée sans bouger, ne libérant l'espace que pour laisser passer quelqu'un. Au final tu as migré jusqu'au rayon des aventures - sûrement la carte de ton parapluie qui t'a influencée. Tu as saisi un ouvrage au hasard pour lire, puis un deuxième et ainsi de suite jusqu'à te faire pousser par une imposante silhouette, éjectant tes écouteurs de tes oreilles sous le choc - pour lui ça n'était rien, mais toi, avec ta carrure en cristal, c'était un tremblement de terre. Tu as vaguement haussé les épaules en réponse à ses excuses, soufflant sur une mèche qui barrait ton visage avant de sentir le regard lourd de ton interlocuteur qui, d'ailleurs, aurait pu parler au vide pour avoir un peu plus de compagnie.

... Noah ?

Tu as cligné des yeux, levant la tête au ralenti vers l'homme à tes côtés pour regarder qui pouvait bien connaître ton prénom. Tu t'es crispé instantanément. Tu as revu dans le bleu de ses yeux les batailles de boules de neige de ton enfance et les barrettes de fille que tu lui mettais dans les cheveux pour l'embêter, restant stupéfaite alors que tu avais l'air pourtant parfaitement sereine. Soupir. Déception, il pense s'être trompé. Tu l'as regardé toussant en remontant vers les livres, baissant la tête sur le tien en récupérant dans ta main tes écouteurs, en remettant un seul dans ton oreille pour entendre un fond de musique, parcourant les lignes du livre sans plus grand intérêt - tu étais trop perturbée. Tu pouvais entendre jusqu'ici le clapotis de l'eau sur les pavés dehors ; raffermissant imperceptiblement ta prise sur le cuir. Tu étais déstabilisée, c'est clair. Et tu allais faire quoi hein ? Lui parler ? Rattraper le bon vieux temps ? Ridicule. Pourtant tu as fermé ton livre d'un geste habitué, le rangeant dans l'étagère pour en prendre un autre, disant d'une voix quasi sourde et légèrement cassée par le manque d'utilisation ;

Ludvig.

Tu espérais que ça suffirait à lui faire comprendre que tu n'étais pas un fantôme de son passé parce que tu n'étais pas d'humeur bavarde - comme si tu pouvais l'être.



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MessageSujet: Re: Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford   Sam 2 Mai - 3:11






La voix lui parvint – cassée. C'était son prénom, sous les intonations du Nord. Si il sentait son accent quelque peu tombé sous celui de la langue anglaise, il était toujours là. Alors Ludivg regarda Noah, calmement, alors que des tourbillons de pensées se fondaient dans sa tête. Des bribes de souvenirs remontaient, flous, comme une scène que l'on regarderait à travers une vitre pleine de buée. Et les questions qui fusaient, ce qu'on lui avait dit lorsqu'elle était partie, tout ce qui passait dans sa tête formait une galaxie où chaque mot avait une place précise.

Il se rappela les après-midis dans la neige, avant que les parents ne les appellent – c'était souvent sa mère à lui qui le cherchait en premier. Les châteaux de sable lorsque les beaux jours arrivaient, et qu'ils jouaient à qui ferait le plus beau. Et puis, quand elle était partie, du jour au lendemain, après l'accident. Il ne l'avait compris qu'en voyant la voiture qui s'éloignait dans l'allée. Ils ne s'étaient pas dit au revoir. Et Ludvig avait cru qu'il ne la reverrait jamais.

Ça avait quelque chose de particulièrement étrange, de la voir là, au milieu des rayonnages d'une bibliothèque, à Londres. Quelque chose de fascinant, de voir à quel point elle avait changé, alors que lui, à part la taille et la longueur de ses cheveux, restait le même finalement. Par contre, il eut envie de rire lorsqu'il remarqua qu'elle restait toujours aussi petite – par rapport à lui. Mais ce début de rire fut vite balayé, parce qu'il constata, en la regardant à nouveau, qu'elle portait des traces. Il les avait déjà remarquées, dans un premier temps, mais aurait été bien incapable de l'aider. S'il ne l'avait pas connue. Ayant une tendance naturelle à ne pas interférer dans les vies des autres, il ne savait cependant pas s'en empêcher quand ses amis avaient des ennuis.

Mais Noah le considérait-elle seulement encore comme un ami ?

- Je ne pensais pas te revoir un jour, fut cependant la seule phrase qui réussit à traverser ses lèvres.

Il voulait la prendre dans ses bras, comme il le faisait, enfant, quand elle lui racontait ses exploits – « j'ai monté les marches trois par trois, je suis même pas tombée ! » ou « je l'ai battu à la course ! » – ou qu'elle revenait en pleurant le soir, parce qu'elle avait raté un devoir ou des broutilles de ce genre. Elle lui avait manqué pendant longtemps. Jusqu'à ce qu'il en vienne à l'oublier, doucement. Elle était devenue un souvenir incolore, une réminiscence fade.

Et elle ne souriait pas. Elle le regardait, de ses grands yeux écarlates, sans une expression. Se souvenait-elle de lui, plus loin que son prénom ? Avait-elle encore des souvenirs, même vagues, d'eux, jouant, se chamaillant, riant ensemble ? Pendant longtemps, elle avait été sa seule amie. Et après son départ, longtemps, il était resté seul. A jeter des boules de neige sur les arbres immobiles, sur les murs de briques rouges. A se parler lui-même pour se complimenter de la beauté de ses fragiles châteaux de sable. Seul avec lui-même.

Puis, machinalement, il en vient à regarder sa joue, barré d'un pansement en croix. La commissure de ses lèvres, écorchée. Il savait ce que cela signifiait. Il en avait bien trop vu pour l'ignorer. Et ça lui faisait mal, de voir son amie d'enfance dans cet état. Devait-il lui offrir de l'aider, si tôt ? Est-ce qu'elle ne nierait pas, est-ce qu'elle ne prendrait pas peur ? Et puis il toussa à nouveau.

- C'est toujours le pollen … murmura-t-il, comme si il s'excusait.

C'était mot pour mot ce qu'il lui avait dit au dernier printemps qu'il avait passé ensemble, quand elle lui avait demandé, encore une fois, si il était malade. Il ignorait comment il s'en souvenait. Il tenta de sourire, mais son regard passait trop sur les blessures. Plutôt que de demander, franchement et brutalement, ce qu'il lui était arrivé, il préféra passer par des méthodes plus douces, moins intrusives.

- Qu'est-ce que tu deviens ?

C'était une question simple, qu'on se posait lorsqu'on se perdait de vue. C'était une question simple, mais ô combien vaste.


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Dernière édition par Ludvig Eriksen le Sam 2 Mai - 17:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford   Sam 2 Mai - 11:16

ce regard m'est familier ❖  ft. ludvig eriksen
Tu n'avais rien dit. Peut-être parce qu'à chaque fois que tu ouvrais la bouche, tu finissais par te faire rattrapée par tes larmes. Tu n'avais rien dit en parti pour ne pas l'inquiéter, autrement parce que tout s'était passé si vite - trop vite. Tu n'avais parlé à personne de tout ça, tu avais tout gardé pour toi - tu le gardes encore au fond de ton être, les cauchemars, les si balayés par le raisonnement de grand-père ; tu n'avais rien dit et tu étais partie. Tu étais celle en faute et tu l'as toujours su. Ça ne se faisait pas. Tu étais celle qui avait coupé court à votre amitié si précieuse et magique, aux rires que tu avais perdus et aux sourires que tu ne faisais plus, tu t'étais tirée de Norvège sans le moindre au revoir et pourtant il semblait content de revoir, tu le sentais dans son intonation, sa surprise, son accent si familier bien qu'influencer par l'anglais et qui te prit un frisson de nostalgie. Je ne pensais pas te revoir un jour. Tu aurais pu répondre que toi non plus, mais ton ton trop lasse aurait pu être mal interprété - tu n'étais pas heureuse pour autant ; tu ne voulais pas rouvrir les plaies en toi, celles qui ne guérissent pas. Parce que Papa et Maman ne reviendront pas même s'il est là.

Tu ne pouvais qu'observer la différence de taille. A l'époque déjà, tu le traitais de géant et l'on te réconfortait en te disant que tu grandirais quand tu serais plus grande. Sauf que tu ne grandissais plus et qu'il devait faire un demi-mètre de plus que toi ; intérieurement tu étais frustrée et nostalgique. Tu ne te souviens plus ce que ça fait d'avoir quelqu'un d'aussi grand à ses côtés ; c'était un vide. Tu étais partie, tu l'avais oublié, tu avais effacé sa présence de tes côtés pour te retrouver seule, pas totalement délibérément pour autant. Tout autant que tes yeux scrutaient son visage, tu pouvais sentir son regard sur tes plaies. Tu n'as pas détourné le regard pour autant ni chercher à les cacher. Après tout, ce n'était qu'un accident, qu'une chute dans les escaliers, aucune raison de le faire s'inquiéter n'est-ce pas ? Tu ne changeras pas, Noah. Tu l'as écouté toussé, pas surprise pour un sous.

C'est toujours le pollen...
... - le pollen.

Tu avais fini sa phrase en même temps que lui sans réellement y faire attention. Chassez le naturel il revient au galop. Tu te souviens des printemps quand vous étiez assis sur des murets sous les arbres, qu'il passait son temps à éternuer et tousser alors que toi tu rigolais en voyant les pétales qui tombaient dans ses cheveux, même si tu ne cessais de lui demander s'il avait attrapé quelque chose. Il n'avait pas changé - pourtant tu vois dans ses yeux que quelque chose ne va pas. Il y a une étincelle qui n'y est pas, plus. Tu ne sais pas quoi ni pourquoi ; tu le sais, c'est tout. Surement ton pouvoir d'ex amie d'enfance.

Qu'est-ce que tu deviens ?

Son sourire crispé et ses yeux obnubilés par tes blessures laissaient clairement sous-entendre les attentes de cette phrase mais tu n'en ferais rien. Tu n'allais pas lui offrir sur un plateau d'or ce qu'il attend de toi pour la simple et bonne raison que même s'il n'a pas changé - et après tant de temps tu n'en sais rien, vous n'êtes plus amis. Tu ne le considères plus comme tel, même si c'est horrible et même si c'est ta faute. Tu n'as jamais prétendu être une personne gentille. Tu n'avais pas l'habitude des discussions, de devoir répondre quelque chose. Tu ne parlais quasiment pas à tes grand-parents, c'était plus simple d'écouter les sermons et d'attendre que tout passe que de répondre ou d'engager la conversation ; les élèves même pas la peine d'y penser et les professeurs aussi avaient abandonné. Tu vivais dans un monde sans parole depuis plusieurs années alors y revenir aussi abruptement te perdait un peu et il te fallait du mot pour trouver des mots qui au final ne disaient rien.

Rien d'intéressant. Ou du moins rien qui le regarde. Et toi ? Le restaurant de ton père ?

Par contre tu étais toujours aussi douée pour dévier la discussion quand tu le voulais. Tu as tourné une page de ton bouquin avant de le garder contre toi, en prenant un deuxième que tu as de la même manière commencé à feuilleter, l'écoutant toujours pour autant. Quand tu y penses. Rien serait plus approprié comme terme. Tu es devenue " rien ", et c'est peut-être un peu triste en soi.



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MessageSujet: Re: Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford   Sam 2 Mai - 17:03





Il ne savait pas à quoi il s'était attendu. Mais peut-être pas à ce qu'elle réponde aussi vite, aussi simplement. C'était comme si elle avait voulu se débarrasser de la question ; et il réalisa à cette seconde que c'était peut-être précisément le cas. Il laissa un soupir lui échapper ; il soupirait beaucoup, dans la vie de tout les jours. D'autant plus lorsqu'il ne savait pas comment réagir. La situation était dérangeante. Bien sûr il n'avait pas pensé qu'elle lui sauterait dans les bras – quoi que – mais elle réagissait avec tant de neutralité que ça le gênait. Ludvig aurait rebroussé chemin, laissant Noah dans les brumes du passé, si elle ne lui avait pas posé de question à son tour.

- Le … restaurant ? Euh, et bien la dernière fois que j'ai parlé avec mes parents, ça allait bien.

La dernière fois, ça remontait déjà à deux semaines. Lui qui avait toujours été couvé par sa mère goûtait un peu à la liberté. Il était certain que son père était là-dessous, parce qu'il était étonnant qu'elle le laisse vivre sa vie sans l'appeler toutes les deux heures, surtout aussi loin d'elle. Mais il savait que l'instinct maternel de sa mère se révélerait à nouveau bientôt. Enfin, ce n'était pas important.
Mais cette question lui semblait si … éloignée de ce qu'il lui avait demandé, que ça l'avait perturbé un petit moment. Ses pensées étaient souvent ordonnées d'une certaine façon, se dirigeant en ligne droite d'un point A à un point B, et elle venait de leur faire faire un détour étrange.

Et si penser à ses parents ne l'embêtait pas, il en revenait toujours à Cecilie lorsque la Norvège était évoquée de près ou de loin. Il avait quitté leur royaume après sa douloureuse expérience et ça lui donnait presque envie de pleurer. Qu'est-ce qu'il devait en être de Noah, qui avait perdu ses deux parents ? Un instant, il eut envie de rire – nerveusement. Si tout les norvégiens qui perdaient quelqu'un se retrouvaient en Angleterre, il y aurait bientôt deux Norvèges.


Where's the life we once had ?


Il entendait le vent, qui s'était joint à la pluie, et il ferma les yeux, le visage tourné contre le rayonnage, le touchant presque du front. La tempête dehors faisait écho à la tempête dans sa tête. Il y avait tellement de choses qu'il voulait demander à Noah – ses cheveux, ses yeux ? Ces marques ? Ce qu'elle faisait ici, si seule ? –  mais il ne savait pas comment formuler ses demandes. Il restait désespérément muet. Il essayait d'écarter les souvenirs qui lui revenaient en mémoire – finalement, c'en était douloureux. De ne pas pouvoir se fier à ça. Ils avaient tout les deux changé et rien ne serait plus jamais comme avant, il devait se rendre à l'évidence.

Une dispute éclata soudainement dans un rayon voisin – il n'avait même pas entendu que des gens étaient entrés.  Des éclats de voix, les sons sourds de coups. Les rayons se mirent à basculer dangereusement. Il tira Noah vers lui, instinctivement, tandis que des livres tombaient par terre ; les pages se chiffonnaient, les mots se brisaient, le bois craqua. La peur qu'il avait ressenti dès que tout s'était mis à basculer avait anéanti les quelques parcelles de colère qu'il aurait pu éprouver envers les personnes qui avaient renversé le rayonnage. Il était hors de question qu'on lui arrache à nouveau qui que ce soit – quand bien même cette personne ne faisait plus partie de sa vie. Et les deux personnages se fondaient en excuse auprès d'eux tandis que le gérant les faisait partir à grands cris.

Au milieu de ce tourbillon, beaucoup trop surpris, il tenait toujours Noah contre lui, et il s'en éloigna immédiatement en s'en rendant compte. Il fit quelques pas en arrière, son regard évitant le rayon tombé, soupirant.

- Décidément les librairies sont vraiment sources de surprise.

*

Ils avaient relevé le rayonnage, rangé les livres, et voilà qu'ils se retrouvaient à nouveau tout les deux, comme si rien ne s'était passé.

- Au fait, tu ne t'es pas fait mal ?

Il était peut-être temps de s'inquiéter de ça. Il l'avait sauvé in extremis, mais rien n'indiquait qu'elle n'avait pas reçu de livres ou qu'il ne lui ait pas fait mal en la tirant. Et elle était si impassible, si peu expressive qu'il n'arrivait pas à savoir ce qu'elle ressentait. Et à vrai dire, ça le troublait. Où était passé sa Noah, celle dont il devinait le moindre sentiment ?


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MessageSujet: Re: Ce regard m'est familier | with Noah D. Stawnford   Ven 29 Mai - 19:45

ce regard m'est familier ❖  ft. ludvig eriksen
Son soupire a écorché tes oreilles alors que ta prise se resserrait sur ton livre. Tu savais que ce n'était pas juste de ta part d'agir ainsi. Tu n'avais pas réellement d'agir comme ça après être partie sans rien dire. Après avoir répondu à ton prénom et tu sais parfaitement ce qu'il a vu dans ce petit éclat de voix que tu as laissé passé ; de l'espoir. L'espoir de pouvoir resserrer dans ses bras la petite fille brune avec qui il se battait dans la neige pour un rien sans se soucier de rien en riant à s'en percer les poumons.

Mais même toi tu l'as perdue de vue cette gamine.

Entre deux boules de neige un cercueil et quelques années tu l'as vue se transformer devant son miroir à n'en plus la reconnaître ; si frêle, si fade, si pâle, chétive et frêle. Sans vigueur ni couleur. Sans joie ni voix. Fantomatique.

Tu sens que ta réponse l'a déstabilisé - quoi de plus normal ? Retrouvez votre amie d'enfance qui expédie la conversation en quelques mots sans vous lancer un regard comme si vous étiez invisible, vous pouvez être un peu sonné oui. Sa réponse te surprend pourtant légèrement. Dans tes souvenirs, les parents du norvégien était surprotecteur - surtout sa maternelle - alors... La dernière fois qu'il les a vus ? Il est venu seul à Londres ? Qu'est-ce qu'y a bien pu le faire venir ici ? Lui qui aimait tant sa terre natale.

Le silence revint s'installer entre vous et tu tournes sans un bruit le papier d'une manière quasi sacro-sainte tant tes doigts fins sont doucereux pour ne pas abîmer les pages. Tu as toujours eu de petites mains avec des doigts fins, pâles mais jamais froid peu importe la température. La tienne a toujours été naturellement élevée il faut dire. Encore un écouteur dans les oreilles, tu n'as entendu qu'à moitié la dispute à côté et quand bien même tu n'as pas détourné la tête de l'encre pour autant - à vrai dire tu as simplement penché un peu plus la tête en avant pour mieux te concentrer. C'était sans compter sur l'étagère qui s'est mise à se balancer et que tu t'es prise dans le front, te faisant sans plus de cérémonie attirée en arrière si sèchement que tu en as fait tombé ton livre par terre. Tu n'as pas de suite compris où tu étais, encore un peu sonnée du coup. Finalement plus que de comprendre que tu étais entourée par des bras et donc avec un peu de logique qu'ils s'agissaient de ceux de Ludvig, c'est une odeur familière qui t'a ramenée sur terre. Il faut croire que certaines choses du genre ne changent jamais. Sans rien dire, tu l'as laissé te serrer comme si tu étais fragile et précieuse avant de se retirer de quelques pas tandis que toi, lâche comme toujours, tu détournais le regard.

Décidément les librairies sont vraiment sources de surprise.

Tu n'as pas réellement su s'il parlait du rayon ou bien de votre rencontre - peut-être des deux ? Dans les deux cas ce n'était pas important, tu n'as pas répondu. En un rien de temps la scène était redevenue normale, la pluie continuant son caprice dehors sans jamais s'arrêter alors que tu regardais fixement à tes pieds ce qui était, il y a cinq minutes, tes écouteurs et qui maintenant était un ramassis de pièces détachées. Tu les as ramassées sans broncher en les remettant dans ta poche, un peu dépitée.

Au fait, tu ne t'es pas fait mal ?

Tu as relevé la tête vers lui, le fixant dans les yeux, cherchant le sous-entendu, sa curiosité mais tu n'as rien trouvé d'autre qu'une inquiétude sincère qui t'a déroutée pour encore une fois finir par détourner le regard, hésitant à répondre. Finalement tu as vaguement porté une main à ton front pour frotter légèrement la marque rouge qui tournait déjà au bleu.

... Je me suis pris l'armoire. Mais ça va. Et toi ?

Que de discussion en toi aujourd'hui Noah.



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