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Des démons qui font de la peinture, des sorciers qui font de la couture, des vampires qui apprennent la cuisine... Bref ! Tout est possible à Chimera, même se faire manger par l'infirmier...

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 Un merle maladroit

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Jailys Cavalie

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MessageSujet: Un merle maladroit   Dim 19 Juil - 2:48




Un merle maladroit


Le soleil du soir s’infiltrait par la fenêtre ouest de l’infirmerie, colorant la pièce d’un éclat jaune. La journée avait été plutôt mouvementée, notamment en début d’après-midi, et ça s’était calmé dans la soirée. Tout le monde avait fini par déserter l’endroit, et Jaile profita de ce moment de répis pour se plonger dans son livre de médecine. Les cours venaient tout juste de commencer et certains professeurs avaient déjà donné des devoirs et de la matière à étudier. Plusieurs s’en étaient plaints, mais pas Jaile. Cette dernière s’était docilement mise à la tâche. Un casque d’écoute relié à son Ipod était posé sur ses oreilles et la berçait sur la mélodie de River flows in you par Yiruma. Concentrée sur sa lecture, elle ne vit ni n’entendit les deux adolescentes qui entrèrent.

Ce fut une main sur son épaule qui la sortit de sa concentration. Sursautant, elle se retourna et, dans le même mouvement, retira son casque. Ses traits surprirent s’adoucirent en voyant les deux étudiants qui se tenaient à ses côtés. Sans qu’elles n’aient prononcé un seul mot, Jaile compris ce qu’elles attendaient d’elle lorsqu’elle vit, enveloppé dans leurs mains, un petit oiseau apeuré. La jeune femme le reconnut comme étant un merle.

-Ne vous en faites pas, je vais m’en occuper, leur assura-t-elle en leur souriant.

Les deux filles la remercièrent et, sachant que l’animal était désormais entre de bonnes mains, quittèrent l’endroit, probablement avant de croiser le fameux infirmier dont tout le monde semblait en avoir peur.

L’animal en mains, l’adolescente l’observa en le tournant doucement, tentant de découvrir la blessure. Elle réalisa assez rapidement qu’il semblait avoir une aile de cassée. Le seul hic est qu’elle n’était pas vétérinaire et n’avait aucune idée comment soigner une aile cassée. Fallait-il la mobiliser, et si oui comment fallait-il s’y prendre? Jaile ignorait aussi si l’infirmier Lior savait comment s’y prendre avec les animaux. Elle réfléchit à l’idée d’aller lui demander, puis l’abandonna. Il y avait une façon plus simple et efficace pour guérir ce merle.

La jeune femme tenta tant bien que de mal d’immobiliser l’oiseau dans ses mains sans lui faire du mal. Elle inspira doucement alors qu’elle sentit un picotement familier sur le bout de ses doigts. Le merle sembla comprendre ce que la guérisseuse essayait de faire car il cessa de gigoter et sembla même s’être calmé. Le picotement s’amplifiait et enveloppait désormais les mains de Jaile. La guérison dura tout au plus une minute. Lorsque l’aile fut rétablit, la démangeaison quitta ses mains aussi rapidement qu’il était arrivé. Sans prévenir, l’oiseau battit des ailes et arriva à ses faufiler au travers des doigts de la lycéenne. Poussant un cri de surprise, Jaile vit l’oiseau prendre son envol et tourner en rond dans la pièce, sans doute à la recherche d’une sortie. Il aurait pu sortir par la fenêtre, cette dernière étant ouverte, mais ce fut derrière une porte entrouverte qu’il disparut. Par malchance, il venait d’entrer dans le laboratoire. Jailys grimaça en s’imaginant les dégâts qu’il risquait de provoquer.

La jeune femme entra à son tour dans le laboratoire au moment où une fiole s’éclata sur le sol, répandant un liquide jaunâtre ainsi que des bouts de verre coupant. La guérisseuse sursauta silencieusement. Si elle ne l’arrêtait pas bientôt, le merle risquait de se blesser. Jaile s’avança tranquillement en entendant le verre s’écraser sous sa semelle. Elle se félicita silencieusement d’avoir pensé à mettre des souliers cette journée-ci. Entendant le piaillement de l’oiseau se rapprocher, elle eut le bon réflexe de baisser la tête juste au moment où l’oiseau lui passa au-dessus. Relevant les yeux, elle le vit tourner encore un moment avant d’aller se cacher derrière plusieurs béchers. Un de ceux-ci se fit bousculer et vint s’écraser contre le sol. La poussière blanche, semblable à de la farine, qu’il contenait provoqua un dégât non désiré. Décidément, remettre ce petit animal à l’extérieur n’allait pas être de tout repos. De plus, avec tout ce ramdam, Jailys s’attendait à tout moment de voir l’infirmier faire son apparition.


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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Un merle maladroit   Jeu 23 Juil - 18:10

Malheureuse...

Sous les rayons orangés du soleil, Nathanaël venait de se prendre une nouvelle raclé. Assit comme un pauvre demeuré au pied d'un mur du bureau de directeur, il encaissait le coup de poing que ce dernier venait de lui infliger en plein visage. Par chance sa peau blanche dénuée de toute trace de sang ne marquait pas le coup, mais son moral en était déjà bien affecté. Comment en était-il arrivé là ? C'était plutôt simple. La journée s'était annoncée plutôt banale pourtant, mais un coup de téléphone en début de matinée, avant même que les cours ne commencent, n'était guère habituel. Une surprise qui avait l'air de plaire à l'infirmier qui pensait se trouver un nouveau patient au bout du fil. Ce fut la voix du directeur de Chimera qui résonna dans l'appareil, il était déjà possible de sentir son agacement à travers son ton de voix, à travers ses mots, plus il parlait plus il s'énervait mais plus il semblait faible. Le vampire avait crains le pire, et avant même que Gin n'ait terminé de gueuler à travers le combiné, l'allemand avait déjà quitté son infirmerie sans prendre le temps d'enfiler sa blouse, légèrement paniqué, mais avec le réflexe de prendre le nécessaire de soin réservé à son patron. Il avait donc passé la journée à soigner ce dernier. Il était rare qu'il tombe malade, Nathanaël avait donc peur de pire, surtout qu'il lui avait récemment recommander de se faire des piqures tous les matins avec un produit de sa conception pour tenter de lutter contre ce qui le rongeait depuis sa naissance. Il avait donc peur que cela soit sa faute. D'avoir fait une erreur. Et si au lieu de le sauver, il avait au contraire avancé sa dernière heure ? A cette pensée, l'allemand avait tremblé comme il ne l'avait jamais fait. Non, il était hors de question qu'il perde, si Gin succombait à sa maladie, la partie était terminée, et le vampire se retrouvait perdant. Il ne l'accepterait jamais.

C'était donc avec un esprit très combattif qu'il était parti à la rescousse de son directeur. Et toute la journée se déroula très rapidement, à force de tests, de soins, de panique, de stresse. Et Gin qui ne cessait de râler, qui ne rêvait que d'une chose, démonter la tronche de son infirmier. Un travail sous pression, qui bizarrement avait eu le don de ranimer l'essence même de Nathanaël. En cette même journée, il avait réussi à comprendre ce qu'il c'était passé, chercher une solution, soigner le directeur et peut-être même trouver un nouveau remède. Gin n'en avait fait qu'à sa tête, et avait surement prit le double de la dose nécessaire, certainement à cause de sa peur de mourir... Mais l'air hautain qu'avait utilisé le blondin pour lui faire cette annonce l'avait fait sortir de ses gonds une bonne fois pour toute. Et ce fut ainsi, qu'en fin de journée, Nathanaël avait subit les foudres du petit homme. Alors qu'il venait surement de lui rallonger la vie, voila comment il avait été remercié. Il ne demandait jamais aucune reconnaissance car il c'était lui même lancé le défi de le sauver, mais là, c'était la connerie du directeur, et c'était lui qui l'avait réparé, il avait tout de même espéré mieux. Mais un coup de poing lui avait suffit, il n'allait pas chercher plus de problème.

Ce fut en rogne, les nerfs à vifs, que l'infirmier c'était lentement relevé, tentant de garder son calme dans un mince soupire qu'il avait tenté de cacher à son patron. Ce dernier ne lui prêtait déjà plus aucune attention, il se contentait de râler dans un coin de son bureau. Très bien. Le vampire s'affaira alors à ranger son matériel qu'il avait éparpillé dans toute la pièce et se précipita dans le hall pour éviter de faire un massacre. Il n'avait jamais de mal à supporter le caractère merdique de Gin, mais là... Après une journée éreintante, il aurait volontiers planté ses crocs dans sa gorge une bonne fois pour toute, quitte à défier sa force colossale. Il lui fallait se défouler, se trouver une victime, se vider de cette frustration et de cette haine soudaine. Mais d'abord, il se devait de déposer ses affaires dans son laboratoire. Personne ne devait tomber sur les analyses du directeur, et encore moins sur les produits qui étaient destinés à le sauver. Il avait donc tracé en vitesse son chemin dans les couloirs, fusillant du regard le moindre élève qu'il croisait, et en ouvrant enfin la porte de son antre, le bruit du verre se brisant contre le carrelage le figea. Ses iris c'étaient immédiatement colorés dans les tons sanguins, ses pupilles s'étaient contractées et au fond de sa gorge un grognement grave commençait à résonner.

Très vite, les affaires furent déposées sur le bureau de l'infirmier et ce dernier avait pénétré dans son laboratoire d'où ce fracas était venu, telle une bête sanguinaire poursuivant sa proie. Là, il domina de toute sa hauteur l'étudiante en médecine, forçant une atmosphère pesante et angoissante qui ne faisait que rendre l'oiseau d'autant plus paniqué. Il tournoyait alors au dessus d'eux, cherchant désespéramment une issue mais aveuglé par la peur il était juste capable de se cogner contre les murs. Le vampire ne l'avait même pas remarqué.

« Que faites-vous donc ici malheureuse ?! »

Sa voix était grave, cassante, traduisant son manque considérable de patience après cette journée désastreuse.

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Jailys Cavalie

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MessageSujet: Re: Un merle maladroit   Dim 26 Juil - 1:41




Comme de fait, Nathanaël fit son apparition dans le laboratoire, le regard sombre et une expression froide dessinée sur son visage. La lycéenne n'avait pas besoin d’un don d’empathie pour comprendre que l’homme était d’humeur massacrante. Même l’oiseau l’avait senti et tentait avec beaucoup de mal de quitter l’atmosphère qui l’entourait. Les yeux de l’infirmier, normalement d’un bleu froid mais calme, se teintaient d’un rouge dangereux. Jaile ne l’avait encore jamais vu ainsi, et un autre élève aurait très probablement fuit devant la menace imminente, mais pas la guérisseuse. Derrière ce masque de colère, Jailys savait qu’il y avait une personne perturbée et inquiète pour une raison inconnue. Pour quelle autre raison serait-il si en colère autrement? Certainement pas à cause d’un simple oiseau en train de mettre le laboratoire sens dessus-dessous, même si cela ne devait pas aider à son humeur.

-Monsieur Lior! Je suis désolée, c’est de ma faute. L’oiseau que j’ai guéri a pris son envol et est entré par la porte qui était entrouverte. Je n’ai pas réussi à l’arrêter.

Comme pour mettre plus de poids dans ses paroles, le merle accrocha un objet métallique non identifié qui s’écrasa un peu plus loin dans le laboratoire. Loin de se calmer, il semblait de plus en plus paniqué, tout comme l’énervement de l’homme ne semblait pas s’apaiser.

-Je vous en prie, calmez-vous. Vous ne le faites que paniquer encore plus.

Elle prononça ses mots sans toutefois croire que ce serait aussi simple que cela. Par expérience, elle savait que seul le temps permettait à une personne de réellement se calmer, à moins d’avoir la volonté de le faire et un bon contrôle de soi. Jaile ignorait toutefois si l’infirmier possédait les deux exigences en question. Elle leva les yeux à la recherche de l’animal paniqué, cherchant un moyen de le sortir de cet endroit sans faire plus de dégâts. Il était tout simplement impensable qu’elle arrive à l’attraper à mains nues. Si seulement ils avaient un filet ou même un sac. Oui voilà, peut-être avec un sac ils pourraient l’attraper sans trop lui faire de mal. Elle se retourna et fit mine de sortir pour aller chercher ce qu'elle avait en tête, mais Nathanaël se tenait entre elle et la porte. Ses yeux dorés croisèrent son regard coloré de rouge. Elle comprit tout de suite qu’il ne serait pas sage de forcer le passage, même aussi délicatement qu'elle pouvait. Elle en oublia momentanément l’oiseau qui survolait les produits chimiques.

Son regard soutenait celui de l’homme. Ce n’était pas un air de défi qu’on y lisait dans ses yeux dorés, mais plutôt une douceur dont elle seule en était capable. Silencieusement, elle lui implora de se calmer. Peu importe ce qui s’était passé plus tôt dans la journée, ce qui comptait désormais était le moment présent. Elle ne souhaitait pas être celle sur qui allait s’abattre la colère, mais elle préférait encore que ce soit sur elle que sur le pauvre merle. Sans flancher, elle se tenait droite devant l’infirmier.

-Monsieur… vous allez bien? se risqua-t-elle à demander.


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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Un merle maladroit   Ven 11 Sep - 18:37

... Pas de quoi paniquer.

Sans tarder, l'étudiante justifia sa présence dans le laboratoire qu'il lui était pourtant préférable d'éviter. A sa raison, Nathanaël ne sembla guère convaincu et pourtant, l'animal qui lui effleura rapidement la tête en volant au dessus de lui l'obligea à la croire. Il y avait bien un oiseau dans la pièce, et tout ce vacarme venait de lui, de ses battements d'ailes et des dégâts qu'il provoquait. Le vampire ne grognait que d'autant plus. Ils étaient dans une infirmerie, pas chez un vétérinaire, que diable faisait donc ce merle ici ?! Il respirait fort, tentant de maîtriser les pulsions de violence qu'il sentait grandir en lui, se mordant un peu la lèvre inférieure en scrutant tout son laboratoire. Sur un des plans de travail, il voyait des analyses qu'il se souvenait être celle d'un élève qui avait étrangement disparu il avait de cela quelques semaines. Si la malheureusement posait les yeux dessus et comprenait ce qu'il se tramait, elle serait la prochaine à voir son corps analysé. La panique de l'infirmier s’amplifiait alors, il allait s'avancer et tendre la main pour attraper les papiers quand ce fut l'étudiante qui s'avança jusqu'à lui.

L'allemand baissa son regard écarlate sur la jeune femme, la toisant, se demandant ce qu'elle tentait de faire en l'observant de la sorte. Puis la douceur qu'il pouvait lire sur son jeune visage l'étonna. Elle n'avait pas peur, ne semblait pas flancher, et avait assez de courage pour lui implorer le calme de la sorte. Culot ou courage, Nathanaël n'en resta du moins pas insensible. Le grognement qui se faisait sourd dans sa gorge s'estompa jusqu'à disparaître, la tension de ses épaules sembla se lâcher doucement et l'atmosphère devint lentement plus légère. Comme une capitulation face à l'étudiante, le vampire tentait de se calmer non sans lâcher les papiers des yeux tant il voulait les dégager de là.

- Monsieur… vous allez bien?

Ce furent ces mots qui firent disparaître le peu de panique qu'il restait chez le blondin, le surprenant un peu plus. Elle n'avait pas fait cela par culot, mais plutôt par courage, avec cette gentillesse dont elle était capable. Le blondin l'avait remarqué depuis qu'elle venait l'aider dans l'infirmerie, cette petite était pleine de bonté, de générosité, tout ce qu'il lui manquait en somme... Il n'y avait aucune raison qu'elle soit entrée dans le laboratoire, si ce n'était pour sauver cet oiseau, l'infirmier n'avait donc pas de soucis à se faire pour les analyses clandestines. Avec un peu de chance, la demoiselle n'était pas assez curieuse pour les remarquer.
Il venait juste de soupirer et s'apprêtait à répondre en retrouvant son apparence habituelle, avec ses fidèles prunelles bleutées, quand il releva ses dernières vers le merle qui venait de percuter un bécher posé au dessus d'une étagère. Nathanaël se souvenait de se petit flacon, il contenait de l'acide, l'infirmier ne se souvenait plus le degré de dangerosité de la chose, mais il valait mieux éviter d'entrer en contact avec. Or, le bécher leur tombait dessus. Ce fut tout bonnement qu'il attrapa le bras de l'étudiante pour la pousser du milieu et donna un coup dans le flacon de sa main libre, le faisant exploser contre un mur plus loin non sans s'être un peu renverser d'acide dessus. Il ressentait la douleur, mais ne semblait guère affecté, se contentant de râler un coup en fusillant l'animal du regard avant de lâcher un nouveau soupire.

« Pardon si je vous ai fait peur. Mon laboratoire n'est déjà que très peu ordonner, alors entendre mes affaires se casser les unes après les autres m'a mis de mauvais poil. Je vous prie de me pardonner. »

Habituellement, il aurait pris son sourire quelque peu dragueur pour faire oublier tout cela, mais en ce jour, encore quelque peu tendu, il se contentait d'être froid sans plus de mascarade et parler de sa voix grave et sombre. Enfin, cela dura un temps, car voir l'oiseau continuer son bonhomme de chemin entre ses tubes à essai ne lui plaisait guère, il fallait qu'il s'en débarrasse. Le vampire cessa de respirer, il n'en avait de toute façon pas besoin, l'atmosphère froide disparut lentement et l'ambiance de la pièce se fit beaucoup plus calme et douce. Et pour cause, le prédateur avait complètement camouflé sa présence, s'étant presque transformer en une statue, sans aucun signe de vie, seuls ses yeux suivaient l'animal du regard. Et ne sentant plus aucune menace, le merle vint tournoyer autour du blondin avant de se poser sur une de ses épaules, comme il l'aurait sur un simple banc ou sur le rebord d'une fenêtre.

« Il n'y avait pas de quoi paniquer. »

S'était contentait de dire le vampire en venant tout en douceur caresser le front du petit animal.

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Jailys Cavalie

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MessageSujet: Re: Un merle maladroit   Dim 27 Sep - 0:47




La lourde atmosphère que l’on pouvait ressentir dans la pièce diminua, et Jailys remarqua les yeux de l’infirmer passer d’un rouge inquiétant à un bleu calme. Un sourire éclaira son visage, ravie qu’il ait réussi à se calmer, autant pour sa sécurité que celle de l’oiseau. La situation qui suivit ce moment se passa si rapidement qu’elle ne comprit qu’après la situation. Avant qu’elle n’ait pu prononcer le moindre mot, Nathanaël l’attrapa par le bras et la tira violemment. Hoquetant de surprise, Jaile vit un bécher se faire propulser vers le mur, explosant sous le coup. Si l’infirmer n’avait pas été aussi rapide, elle l’aurait très probablement reçu sur la tête. Elle ignorait quel était le liquide qu’il contenait, mais comprenait qu’il valait mieux le voir sur le mur que dans sur sa peau.

Suite à cela, l’adulte s’excusa auprès de l’étudiante, à la grande surprise de celle-ci. Elle était dans l’erreur et elle le savait; il était plus que compréhensible qu’il soit fâché face à cette situation. Doucement, Jaile put voir le merle venir se poser sur l’épaule de l’infirmier alors que ce dernier s’était maintenant drastiquement calmé. Même l’étudiante n’aurait pu réussir un tel exploit. Juste le prendre dans les mains plus tôt avait suffi à terrifier le pauvre animal. La jeune femme avait déjà commencé à faire une certaine constatation qui vint se confirmer en ce moment même. Nathanaël avait le don de dégager une certaine présence qui, à souhait, pouvait soit faire éloigner les autres ou, au contraire, les faire approcher. D’une certaine façon, on peut comparer cela à des phéromones qu’il dégagerait. Certaines de ces phéromones annoncent un danger imminent, tandis que d’autres démontre une présence calme et rassurante. Ce sont aussi les caractéristiques d’un prédateur accompli, et l’adolescente l’avait remarqué. Néanmoins, elle ne le voyait pas ainsi, sans doute à cause de son côté trop naïf.

-Vous n’aviez pas besoin de vous excuser, n’importe qui aurait eu la même réaction à votre place. C’est humain de se fâcher.

C’était une phrase ironique à dire considérant qu’elle est dans une académie où plusieurs races se côtoient, mais l’expression était sortie toute seule sans qu’elle le réalise. De plus, elle ignorait quelle était la race de l’homme face à lui. Elle observa un instant l’oiseau en se passant par réflexe une main dans les cheveux de jais.

-Vous êtes sans doute mieux placé que moi pour le sortir maintenant qu’il semble vous avoir adopté, lança-t-elle un peu à la blague. J’ai aussi l’intention de faire un peu de ménage par ici, histoire de ramasser les dégâts qu’il a causés.

C’était la moindre des choses qu’elle assume la responsabilité. Elle voulut se diriger vers les essuie-tout qu’elle avait repérés au fond de la salle lorsque son regard tomba sur la main blessée de Nathanaël. Elle ne mit pas longtemps à comprendre que cela provenait du bécher qu’il avait repoussé.

Sans avertir, elle tendit la main pour attraper celle de l’infirmier mais arrêta son geste lorsque le bout de ses doigts se posa sur sa peau. Son premier réflexe fut de ramener sa propre main vers elle, rompant dès lors le contact.

-Vous avez la peau gelée!

Puis ses yeux se levèrent vers ceux de l’infirmier en comprenant pourquoi il était aussi froid.

-Vous êtes un vampire…

Une certaine inquiétude traversa les yeux de l’adolescente. Pourtant, l’inquiétude qu’elle éprouvait n’était pas par rapport au fait qu’elle se tenait devant un buveur de sang. En temps normal, ça ne l’aurait pas dérangé, mais le fait est qu’elle voulait le guérir.

-Je… je n’ai jamais essayé de guérir un vampire, mais si vous voulez je peux toujours essayer.




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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Un merle maladroit   Mar 6 Oct - 22:19

Vous couter cher ...

L'oiseau sur l'épaule, le vampire osait lui caresser la tête sans lui faire peur. Le souffle toujours coupé, il continuait de faire le mort pour mieux apprivoiser l'animal. Même si faire le mort était plutôt ironique de son point de vue, alors qu'il se considérait déjà mort depuis bien longtemps. L'humaine se trouvant face à lui le sortit de ses idées morbides par de simples paroles auxquelles Nathanaël se surprit à sourire. Un sourire certes timide mais qui se faisait plutôt doux, contrastant énormément avec sa saute d'humour de plus tôt. Elle n'avait pas tord, maintenant qu'il tenait l'animal dans ses filets, il valait mieux qu'il s'en occuper par lui même plutôt qu'elle ne provoque une nouvelle panique dans son laboratoire. Ce lieu était déjà en désordre d'ordinaire, alors avec un oiseau au bord de la crise cardiaque qui virevoltait à l’intérieur, c'était bien pire. Le blondin soupira d'ailleurs en voyant l'état de son antre. Du verre en mille morceaux autant sur les plans de travail que sur le carrelage du sol, des produits non identifiés qui coulaient un peu n'importe où, des feuilles froissées qui s'étaient éparpillées dans la totalité de la pièce. Il y avait de quoi le faire soupirer d'autant plus. Que le demoiselle désire l'aider ne pouvait que l'enchanter, mais pas dans un tel endroit. Il n'y acceptait déjà que rarement de la visite, alors que quelqu'un fasse le ménage à sa place lui plaisait guère. Il était hors de question de la laisser tomber sur des dossiers qu'elle n'aurait jamais du voir, cela pouvait créer d'énorme problème, autant pour le vampire que pour la malheureuse.

« Ne vous dérangez pas. Mon laboratoire est trop dangereux pour que je vous laisse y faire le ménage. »

C'était-il contentait de dire, s'apprêtant à s'avancer pour aller mettre l'oiseau dehors, avant qu'il ne sente des doigts effleurer sa main meurtrie. Il eut un léger mouvement de recul pour éviter qu'elle ne le touche, mais elle avait de même et le fixait avec une certaine révélation. Le vampire la fixait avec sérieux, avec insistance même, attendant sa réaction, désirant ne louper aucun mouvement, aucun battement de cil, aucun changement dans son regard. L'avait-elle compris ? Venait-elle de se rendre compte face à qui elle se tenait ? Avait-elle peur ? Peut-être allait-elle baisser la tête et quitter les lieux au plus vite, ou alors allait-elle se tétaniser. Il attendait de savoir. L'énonciation du froid eu pour effet de faire baisser les yeux cyan sur sa main glacée, comme s'il voulait constater lui-même cette vérité, se rendre compte une nouvelle fois de ce qu'il était devenu, comme si à chaque personne qui découvrait son espèce il ne faisait que prendre d'avantage conscience du monstre qu'il était devenu. Il avait l'impression de s'y être fait, d'avoir accepter sa transformation qui avait eu lieu il y avait déjà fort longtemps, et pourtant, quand l'humaine osa enfin dire de sa propre voix qu'il était un vampire, Nathanaël se mordit la lèvre inférieure comme s'il accusait le coup une nouvelle fois. C'était similaire à l'annonce perpétuelle d'un cancer à un cancéreux. Autant, pour certaine de ses proies, il aimait les entendre dire à haute voix qu'elles étaient face à un monstre, autant pour certaine il s'en serait bien passé. Il n'avait jamais eu l'intention de terroriser la jeune étudiante qui désirait l'aider dans son travail, pour une fois qu'il faisait preuve d'un peu de bonté, il fallait qu'elle découvre elle-même sa nature de tueur, d’assoiffé de sang.

L'allemand avait baisser la tête le temps d'accuser le coup, ayant complètement cesser de caresser l'oiseau l'espace d'un instant, et commençait à la relever prêt à assumer l'horreur qu'il était réellement, comme s'il avouait ses crimes et plaidait coupable. Mais la voix de la demoiselle résonna une dernière fois dans le laboratoire. L'infirmier mit du temps à les assimiler, il avait même refusé les comprendre l'espace d'un instant, mais lorsqu'il réalisa enfin ses paroles, il en fut plus que surpris. Un soulagement, c'était ce qu'il avait ressenti en comprenant ses dires. En ne disant que ces quelques mots, tous plus insignifiant les uns que les autres d'ailleurs, il s'était senti lavé de tous péchés, innocenté par une âme pure qui avait su fermer les yeux sur sa nature des plus répugnantes. Certes, dit ainsi, cela pouvait paraitre exagéré alors qu'elle n'avait fait qu'ignorer la réalité pour se focaliser sur un infime problème. Nathanaël l'observa en silence, toujours surpris, il avait perdu toute expression de froideur et aurait même très bien pu passer pour un simple étudiant en train de discuter avec une camarade tant sa présence pesante avait complètement disparu. Puis il se mit à ricaner, baissant le regard avec enfin un sourire qui lui allait si bien. Un sourire rayonnant bien qu'encore un peu timide, accompagné d'un rire cristallin qui n'avait plus rien malsain. Il posa alors sur l'étudiante un regard sincèrement amical, presque tendre en s'avançant vers un évier pour y faire couler de l'eau afin d'aller y rincer sa main.

« Vous vous faisiez du soucis pour cela ? »

Le liquide corrosif qui s'était attaqué à sa peau robuste disparaissait peu à peu sous l'eau alors que l'infirmier ricaner une nouvelle fois. Certes, la blessure ne partirait pas aussi facilement, surtout sur un corps mort dont la régénération laissait à désirer, mais il n'en faisait pas une maladie malgré la légère douleur qu'il pouvait ressentir. Il s'en contrefichait royalement.

« Oui je suis un vampire, et ce n'est pas une égratignure à la main qui me tuera, conservez donc votre énergie pour quelqu'un de bien vivant qui le mérite, mademoiselle. »

La main trempée, il se retourna vers la jeune femme, un air plus sérieux sur le visage. Il se rapprocha d'elle, se rapprocha même trop, ne se tenant qu'à quelques centimètres d'elle, et attrapa de sa main sèche l'une de l'étudiante. Il l'observa un instant, cette main si petite dans la sienne, paraissant si fragile alors qu'elle avait des couleurs mais surtout de la chaleur.

« Et puis... Cela doit vous couter cher d'avoir un tel don. Je me trompe ? »

Nathanaël relever le regard, plantant ses yeux bleu dans ceux de la jeune femme, désirant lui faire avouer son malheur. Il ne savait pas ce qui planait au dessus d'elle, mais se doutait très bien que le prix à payer pour pouvoir soigner aussi parfaitement les autres devait être exorbitant. Lequel était-il ? Il voulait le savoir.

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Jailys Cavalie

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MessageSujet: Re: Un merle maladroit   Mer 7 Oct - 1:46




La rire du vampire fut tellement inattendu que Jailys ne put s’empêcher d’afficher une expression de surprise. En quoi trouvait-il la situation drôle? Elle ne saurait le dire. La guérisseuse haussa les sourcils lorsqu’il prit parole. Évidemment qu’elle se faisait du souci pour sa blessure. Pour quoi d’autre devrait-elle se faire du souci de toute façon? Même si cela semblait être une question rhétorique, la jeune femme hocha la tête en guise de réponse tout en s’approchant de l’infirmer. Se mettant sur la pointe des pieds, elle jeta un coup d’œil à la main blessée qui se faisait nettoyer de tout produit chimique. Ce n’était pas une mauvaise idée, de cette façon, elle ne risquait pas de se blesser en essayant de le soigner. Du moins c’est ce qu’elle croyait, jusqu’à ce que Nathanaël affirme ne pas avoir besoin d’être guéri. Elle redescendit soudainement sur ses talons en levant ses yeux vers le visage de l’homme. Avoir su sa réaction, elle ne lui aurait jamais demandé son avis.

-Ah mais! Je vous en prie, laissez-moi au moins essayer. Ça va me faire pl…

Elle cessa de parler dès que ses yeux captèrent le regard du vampire. Son expression sérieuse la dissuada momentanément de toute parole ou geste. Elle le laissa faire lorsqu’il prit sa main dans la sienne. Un frisson parcouru l’échine de l’adolescente, n’étant pas habituée à avoir de contact avec une personne ayant la peau aussi glaciale. Elle se surprit à comparer cette sensation avec celle d’un mort. Pour avoir déjà fait du bénévolat dans un hôpital, il lui était arrivé d’aller faire des derniers adieux à des patients qui avaient perdu leur combat avec contre leur maladie ou leurs blessure, et donc de toucher la peau froide des cadavres.

Tandis que l’infirmier contemplait sa main, Jaile continua d’observer son visage, tentant de détecter la moindre expression qui pourrait trahir ses pensées, mais ce fut en vain. Il avait le visage fermé et sérieux, de sorte qu’une statue aurait peut-être eu plus d’expression que lui. Il aurait fallu être télépathe pour comprendre ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Pourtant, elle n’allait pas tarder à le savoir. Ses yeux s’écarquillèrent en entendant sa question, son cœur s’accélérant dans sa poitrine. Elle tenta vivement de ramener sa main vers elle, mais Nathanaël retenait celle-ci. Ce simple geste fit fuir le petit oiseau, qui vint se poser un peu plus loin, se lissant les plumes comme si rien ne venait se passer. Lorsque Monsieur Lior leva ses yeux vers elle, la guérisseuse détourna aussitôt son regard. Non, il ne devait pas l’apprendre, d’autant plus que Jailys l’appréciait. Elle ne pouvait pas lui faire cela, mais il n’était pas dupe. Rien n’est gratuit dans la vie, et l’adolescente l’avait apprise de la façon difficile. Elle se pinça les lèvres alors que son cerveau travaillait fort sur la réponse qu’elle allait lui fournir, tout en se posant d’innombrables questions. Comment l’avait-il deviné? Pourquoi voulait-il savoir? Comment allait-t-il réagir s’il venait à l’apprendre? Combien de temps cela allait prendre avant qu’il ne devine sa condition? L’avait-il déjà deviné?

-Ce… ce n’est rien d’important… vraiment…

Elle se pinça la lèvre, sachant que Nathanaël n’allait jamais avaler un tel mensonge, même s’il avait été dit de façon convaincante, ce qui n’était pas le cas. Elle se sentait prise au piège, n’ayant aucune autre solution que de lui avouer la triste vérité. La guérisseuse tourna son visage pour retrouver les yeux de son interlocuteur et l’implora du regard.

-Je vous en prie, ne m’obligez pas à le dire.


Et cette fois-ci, elle ne le lâcha pas du regard, ses yeux dorés sondant la pair de yeux bleus devant elle. L'adolescente n'était pas sensible à beaucoup de sujets, mais Nathanaël venait de mettre le doigt sur le pire de tous, et au vu de sa réaction, elle se doutait qu'il n'allait pas laisser tomber aussi facilement. Profondément en elle, elle espérait avoir tort.



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Un merle maladroit
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