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Des démons qui font de la peinture, des sorciers qui font de la couture, des vampires qui apprennent la cuisine... Bref ! Tout est possible à Chimera, même se faire manger par l'infirmier...

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 Toujours se méfier des apparences // Libre

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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Toujours se méfier des apparences // Libre   Ven 10 Avr - 23:46

On aurait pu croire à un ange

La fin des vacances. Elles auront étaient très courtes pour l'infirmier légendaire de Chimera. En effet, Nathanaël n'avait eu que deux semaines pour partir faire sa vie en dehors de l'établissement, ayant passé le plus clair de son temps à faire des recherches sur un antidote miracle contre la maladie de son patron. Sans résultat malheureusement... Pour se débarrasser de sa frustration, le vampire était parti en voyage dans son pays d'origine, l'Allemagne, et ne s'était pas gêné pour y faire tout ce dont il avait envie. Malheureusement, les titres des journaux allemands soulignèrent presque tous la disparition de plusieurs belles femmes. Sont-elles mortes? Les a-t-on juste enlevées? Le prédateur ne pouvait qu'étirer un sourire malsain au coin des lèvres, plein de fierté, car lui savait très bien qu'ils ne les retrouveraient jamais vivantes. S'étant personnellement occupé de leur cas... Ainsi, même si le repos avait été de courte durée, il avait été très réparateur pour le blondin qui foulait à nouveau le sol britannique avec un entrain surprenant. Il rayonnait beaucoup plus qu'à son habitude, nous faisant presque croire que sa dépression naturelle s'était évanouie, le rendant encore plus beau. Sur le chemin de Chimera, il osa un sourire, une demoiselle se pinça les lèvres, il se mit à ricaner, elle se cacha la bouche en faisant de même, discrètement. Nouvelle et dernière proie, c'était promis. Bien qu'il ne tienne pas ses promesses à tous les coups, on ne pouvait qu’espérer pour celle-ci. La malheureuse jeune femme qui avait osé poser ses yeux de biche sur le prédateur venait de lâcher son dernier soupire dans une petite ruelle de Londres.

Il était déjà tard, le soleil était bien haut dans le ciel, Nathanaël se mordit la lèvre inférieure. Gin allait lui remonter les bretelles à son arrivée, ce petit déjeuner imprévu l'ayant mis en retard. Mais il n'y avait aucune raison de s’inquiéter, le vampire arriva à l'établissement bien avant le début des cours. Ceux-ci ne commenceraient surement que dans une ou deux heures, il se foutait bien de l'emploi du temps, mais au moins des élèves posaient déjà le pied sur les pavés des jardins du pensionnat. L'année promettait d'être belle, ce premier jour se faisait sous un ciel parfaitement bleu, pas même un petit cumulus blanc pour cacher l'astre solaire, une très légère brise fraiche qui rappelait le début du printemps. Même le vampire fut presque touché par cette douce atmosphère, il voulut même en profiter un moment et vint s'installer sur un banc en bois proche de la fontaine des jardins. Après tout, il allait surement passer toute l'année scolaire enfermé dans son infirmerie, ou dans son laboratoire, il fallait bien qu'il profite un peu des rayons du soleil avant cela. Il prenait alors ses aises sur le banc, allongeant un bras le long du dossier et déposant l'autre sur l'accoudoir en fer forgé. Il osa même pencher la tête en arrière, fermant les yeux, pour ressentir la chaleur que lui procurait le doux soleil du matin. Il était juste habillé d'un pull blanc fin, d'un jean noir assez moulant, toujours doté de ses cheveux blonds indomptables qui brillaient de mille feux, paraissant presque aussi blanc que sa peau de porcelaine. On aurait pu croire à un ange magnifique qui posait gracieusement devant l'eau cristalline de la fontaine. Comment croire que ce jeune homme venait à peine de faire une nouvelle victime?...

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Kazuha Okamichi
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Dim 26 Avr - 12:27

✻✻✻ Pour la plus part des étudiants, la rentrée était un évènement plutôt joyeux. La plus part avait hâte de retrouver leurs amis pour leur faire partager leur aventures de vacances, d’autres au contraire n’avaient en tête que de rencontrer de nouvelles têtes et mourraient d’impatience de connaitre tout ce beau monde. Quelques autres élèves étaient submergés par le stress, mais on pouvait le qualifié de ‘bon stress’ car il ne portait que sur l’appréhension de l’inconnu. Enfin certains avançaient d’un pas blasé et nonchalant, s’ennuyant déjà devant la pille de cours auxquels ils allaient devoir assistés. Quand bien même, la rentrée était une journée épuisante mais revitalisante. Mais pas pour Kazuha. La louve ne cessait de râler. Elle ne pouvait s’empêcher de se remémorer les derniers instants passés au côté de son frère. L’idée de venir étudier à Chimera venait de lui. Normalement, elle aurait dû étudier ici avec lui, et vivre en collocation dans un appart qu’il louait. Mais il n’était plus là et Kazuha ne devait plus rien attendre de lui. Elle qui avait toujours été protégé par son ainé, elle se retrouvait des maintenant seule et abandonné à son propre sort. C’était difficile pour elle. Elle n’avait jamais eu à faire de choix, alors se retrouver seule dans cette grande académie… même décidé quel plat manger était devenue une rude épreuve. Comment allait-elle faire pour vivre ici ? Cette école était emplie de personnes aux capacités particulières ! Les humains à don de l’effrayait pas tant que ça. Mais le reste des étudiants… Comment les vampires peuvent-ils se nourrir ? Comment les démons se comportent-ils ? Les succubes sont-ils si dangereux ? Les animorphes savent-ils se contrôler ? Les sorciers ont-ils des limites ? Et les anges, se moqueront ils de sa nature un peu différente ? Tant de question se bousculait en elle.

Kazuha cherchait le chemin vers sa salle de cours principale. Elle foulait les pavés gris sans grand intérêt, plus préoccupé par ses pensées que par la rentrée.  Ses pas la menèrent sur une place où une grande fontaine de pierre s’étalait. Un peu perdue, elle se posa sur le rebord de la fontaine et trempa sa main dans l’eau froide, espérant que la fraicheur de celle-ci la sorte de ses rêveries. Ses prunelles azur balayèrent l’horizon. Le square était vide, tous les élèves avait dû regagner leur salle. Kazuha soupira, pas réellement pressé de les rejoindre. Elle cachait son stress derrière ses râles, et préférait de loin passer la journée ici, seule, qu’enfermer dans une salle remplis d’inconnus. Le soleil, malgré la fraicheur matinale, s’efforçait de réchauffer la jeune fille. Ses rayons tintaient ses nattes pâles de reflets dorés. Portant son regard sur ce qui l’entourait, elle remarqua alors un jeune homme assis sur un banc. Il avait l’air détendu et de lui émanait une aura paisible. Il semblait un peu plus vieux que la louve, mais pourtant cette dernière pensait qu’il était lui aussi étudiant. Si c’était réellement le cas, alors lui aussi la rentrée de l’enjouait pas plus que ça. Profitant du soleil, il semblait si calme.

C’est pourquoi Kazuha décida de déranger la paix qui l’entourait. Se levant, la main encore trempé, elle s’avança jusqu’au banc et sans un mot, se planta devant lui. En s’approchant du jeune homme, elle garda le silence un moment et le détailla. Ses cheveux blonds désordonnés contrastaient avec le calme apaisant de son teint pâle. Elle pencha la tête sur le côté, curieuse et ne sachant comment le tirer de ses songes. Il avait surement du l’entendre arriver de toutes manières, sa démarche déterminé rendant ses pas plus lourd que d’habitude. Elle inspira, et lança d’une voix vive.

« Toi aussi tu sèches la rentré ? »

Comme pour se donner l’air innocent, elle passa sa main humide derrière sa tête, éclaboussant au passage le visage du jeune homme. Le détaillant à nouveau, elle finit par pensée qu’il était peut-être un peu plus vieux qu’elle… et vint à regretter ses dires. Mon dieu Kazu, tu aurais mieux fait de rester seule dans ton coin !


✻✻✻
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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Sam 2 Mai - 0:00

Juste assoupi...

Le temps passait lentement, le soleil montait de plus en plus dans le ciel bleu, ses rayons ne s'en faisait que plus brulant, réchauffant le corps habituellement glacé de Nathanaël. Cette chaleur, il n'en avait plus l'habitude, cela faisait des décennies qu'il vivait dans la froideur du marbre qu'était sa peau au toucher. Il lui semblait presque reprendre vie. Le peu de sang encore présent dans ses veines semblaient s'animer à nouveau, reprenait doucement une couleur plus rougeâtre que bleuté et semblait imperceptiblement redonner vie au visage du vampire. Mais il ne fallait qu'il se fasse trop d'illusion. Ce n'était pas un petit bain de soleil qui pouvait lui rendre son humanité. Ce sentiment de vie était enterré depuis des lustres, et l'allemand ne comptait pas creuser la terre de ses mains délicates pour tenter de récupérer l'impossible. Il n'était qu'une coquille vide, sans vie, sans âme, sans avenir... sans chaleur. Tant de mauvaises pensées qui n'empêchèrent pas pour autant l'infirmier de s'assoupir sur son banc, confortablement installer, il se laissa bercer par un léger sommeil sans rêve, où son esprits torturé se taisait enfin un peu. Un moment de paix, très rare, qu'il apprécier et dont il comptait bien profiter. Enfin cela, c'était avant qu'un bruit de pas, assez proche, ne vienne lui titiller les tympans. Un cœur chaud et tambourinant n'avait pas échappé à l'ouïe fine du prédateur qui se réveillait à peine. Toujours les yeux clos, il semblait toujours dormir mais tous ses sens venaient de s'éveiller ensemble, à l'affut du moindre bruit, du moindre mouvement, même son odorat semblait s'affiner pour déterminer qui avait oser perturber ce précieux moment de paix.

Les battements d'un cœur, trahissant un être bien vivant et donc potentiellement une proie de choix, une certaine discrétion qui supposerait la présence d'un ange, mais en même temps cette odeur légèrement bestiale qui se mélange au parfum et au shampooing. Inconsciemment, le blondin tentait de se faire une image de l'individu se trouvant non loin de lui, dormant toujours à moitié, son imaginaire dessinait dans ses pensées la scène qui se produisait près de la fontaine. Surement était-elle resplendissante sous ce soleil ardant, son eau devait scintillait comme une rivière de diamants ornant la gorge fine d'une belle femme, les grands arbres des jardins devaient dansés avec lenteur et souplesse sous la douce brise qui faisait s'envoler quelques mèches blondes du vampire. Mais qui pouvait-il bien ajouté à ce paysage si parfait? Un ange ou une bête? Selon lui c'était une femme, à en juger par l'odeur fruité du shampooing qui avait du laver de longs cheveux avec un grand soin. L'eau s'agita, des gouttes eurent l'air de vouloir s'enfuir telle des perles d'un collier qui venait de se rompre. Venait-elle se tremper sa main dans la fontaine? Surement. Un acte de douceur qui fit un peu plus pencher la balance en faveur de l'ange. Un moment de silence. Puis les pas furent plus assurés et semblèrent s'approcher de lui. Nathanaël se réveilla un peu plus mais n'ouvrait pas les yeux pour autant, préférant attendre un quelconque geste de la part de l'inconnue plutôt que de faire l’effort de bouger en vain. Soudain, une paupière termina dans l'ombre et le froid reprit ses droits sur une moitié du visage éternellement jeune de l'allemand. Dans le même temps, le bruit de pas avait cessé. Venait-elle de s'arrêter juste devant lui ? Assez près pour lui cacher le soleil en tout cas. Le vampire ne savait que faire alors. Elle ne semblait plus bouger, ne disait mot, et lui était pris d'une envie irrésistible d'étirer un sourire au coin de ses lèvres. Non, il fallait qu'il ne bouge pas, qu'il attende, et la biche viendrait d'elle même à lui.

A coup de maître. Les premières paroles fendirent le silence dans une voix cristalline, féminine mais surement précipitée. Enfin le vampire laissait ses lèvres s'étirer en un mince sourire alors qu'il redressait lentement sa tête dans un effort qui lui semblait insurmontable. Alors qu'il dormait tranquillement quelques minutes plus tôt, il allait falloir qu'il se réveille et paraisse frais assez rapidement s'il ne voulait pas paraître bête. Ce fut donc avec une certaine nonchalance qu'il se redressa, ouvrant seulement l’œil qui se trouvait dans l'ombre, gardant celui encore baigné de soleil bien caché derrière sa paupière. Enfin il savoir ce qu'il lui tournait autour.

Devant lui, une jeune femme dont le visage était encore marqué par l'enfance, une tête de poupée bien coiffée de cheveux longs et argentés qui s’illuminaient comme le métal précieux sous le roi soleil. Il aurait pu succomber à son charme si elle n'avait pas eu l'air si jeune. Son œil turquoise la détaillait en vitesse, à la recherche d'un indice. Mais rien. Qu'était-elle à la fin ?! Cette apparence si parfaite, si douce, si précieuse des êtres angélique mais, cette odeur dérangeante de l'animal sauvage qui rode. Le vampire était perdu, et abandonna. Il ricana doucement pour avouer sa défaite alors qu'il se redressait un peu sur son banc, se passant une main dans les cheveux en osant ouvrir le dernier œil encore timide qui scintilla comme l'eau précieuse d'un lagon sauvage. Son regard se releva doucement pour aller se plonger en son semblable, comme une vague tumultueuse se mêle à l'eau encore calme du petit matin d'été.

« Non. Pas vraiment. »

Les premiers mots que les lèvres pâles du vampire laissaient s'échapper. La chaleur de sa voix grave et clair ne trahissait aucune mauvaise intention, pour une fois il ne tentait pas d'apprivoiser sa proie. Il n'avait pas à le faire, elle était venu d'elle à sa rencontre, il n'avait qu'à se montrer naturel. Quoi que. Elle semblait l'avoir pris pour un élève de l'établissement, tout comme elle, et cette idée l'amusé beaucoup. Assez pour qu'il tente de jouer le jeu.

« Je me suis juste assoupi. Nous sommes en train de sécher alors? »

Ce termine même, il ne le connaissait pas. Du temps où il était étudiant, il n'avait jamais osé manquer un seul jour, un même une seule heure de cours. Mais le plus compliqué pour Nathanaël était de s'exprimer convenablement. Il le savait très bien, le langage de ce monde moderne lui était quelque peu inconnu. S'il était tout soutenu, il ne serait pas crédible. Mais il était également incapable de se montrer familier. Que le petite inconnu le tutoie ne le déranger pas, mais lui, s'en sentait incapable, gardant ancré au plus profond de lui l'éducation sévère et stricte de sa famille allemande. Il tourna un peu la tête vers l'établissement, quelques élèves tentaient tant bien que mal de courir pour minimiser leur retard, alors qu'elle, restait là, planté en face de lui, à vouloir lui parler. Il eut un nouveau ricanement, amusé.

« Vous par contre, vous évitez la rentrée volontairement je me trompe ? »

Encore trop soutenu... Mais il ne pouvait pas faire mieux.

« Le minois de l'élève parfaite cache bien des espiègleries, dites moi. »

Et se mit à rire, délicatement, de sa voix clair de jeune homme tel un étudiant charriant une camarade. Son comportement parfois un peu puéril pouvait peut-être sauver sa couverture, mais ce n'était pas certain.

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Kazuha Okamichi
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Ven 8 Mai - 12:50

✻✻✻ « Non. Pas vraiment. » Kazuha pencha la tête sur le côté en l’écoutant après qu’il eut ouvert les yeux.  « Je me suis juste assoupi. Nous sommes en train de sécher alors? » Facile de croire à une histoire pareil, il était encore tôt et l’atmosphère de ce matin était si chaleureuse qu’en se laissant bercer par le clapotis de l’eau, s’endormir était un jeu d’enfant. Elle hocha la tête

« Oui, nous séchons. »

Ce constat la fit sourire et ses lèvres s’étirèrent pour dévoiler sa dentition. Si on y prêtait attention, les dents de la jeune fille n’étaient pas semblables à celles des autres. Ses molaires étaient acérés et d’une force inimaginable, tandis qu’à l’avant, ses canines n’étaient pas plus longues au point de dépasser comme celles des vampires, mais simplement légèrement retourné vers l’intérieur. Ses crocs lui  venaient de sa nature de loup, lui permettant une fois un bout de viande attrapé de ne plus jamais le relâcher. Il est vrai que l’ange n’avait pas souvent sécher. Enfant, c’était une élève modèle qui travaillait plus que la grande majorité de ses camarades. Non pas parce qu’on la forçait ou autre, mais simplement car elle voulait être la première. En grandissant, cet esprit friand de reconnaissance c’est apaisé et les cours sont devenus une simple routine quotidienne. Elle commença à sécher à l’adolescence lorsque son frère n’avait pas cours et qu’elle si, elle s’empressait d’inventer une excuse pour rester à la maison elle aussi. Malheureusement, aujourd’hui elle évitait la salle de classe, cette fois ci hanté par son souvenir encore douloureux. Elle détourna ses prunelles océanes du jeune homme et regarda les derniers élèves qui rejoignaient leur classe. Le square était désormais vide. Elle n’eut d’autre choix que de reporter toute son attention sur l’homme. «  Vous par contre, vous évitez la rentrée volontairement je me trompe ? » Elle haussa les épaules avec un air las. Volontairement était un bien grand mot pour qualifier son action. Elle n’avait pas choisis d’être ici seule, elle n’avait pas choisis de se sentir perdue, elle n’avait pas choisis de vivre avec le souvenir de son frère, elle n’avait pas choisi tout ça. Elle passa une main dans ses cheveux, effaçant les quelques mèches pâles qui lui cachaient la vue et lâcha :

« Peut-être que oui, peut-être que non ! Tu vas me balancer ? »

Hasarda-t-elle, une lueur malicieuse tintant son regard. A vrai dire elle n’avait pas réellement réfléchis aux conséquences. Elle se fiait à elle-même, comme toujours. Cette journée, elle ne la sentait pas. Elle préférait la faire passer autrement qu’enfermer devant une pile de fiches de renseignements et de règlements intérieurs futiles. Alors les réprimandes, elle n’y pensait tout simplement pas. Peut-être que ce soir, lorsqu’elle réalisera qu’elle n’a pas le numéro de sa chambre et qu’elle ne sait où l’intendance se trouve, peut-être qu’alors à ce moment-là, elle regrettera son choix égoïste et puéril. Mais pour l’instant, ce qu’il l’intéressait était le personnage devant elle. Elle mit ses poings sur ses hanches, et resta planter devant lui, réalisant justement que l’individu l’avait vouvoyé. Ses prunelles le fixaient avec curiosité. Quel étudiant irait vouvoyer sa camarade ? Elle fronça les sourcils et chercha des indices sur son âge. Il est vrai qu’il paraissait un peu plus vieux qu’elle physiquement, mais Kazuha avait appris à ne pas se fier à ses indices là. Elle-même faisait beaucoup plus jeune que 19 ans. Pourtant il lui arrivait de faire son âge. Elle se souvient avoir porté une longue robe noire et un imperméable gris sombre. Ses nattes étaient coiffées dans un chignon assez haut, et ses oreilles ornés d’un tout petit diamant. C’était la première fois qu’en se voyant dans le miroir, elle s’était trouvé vielle. Kazuha chassa les pensées négatives de cette journée de deuil et secoua doucement la tête. « Le minois de l'élève parfaite cache bien des espiègleries, dites moi. » Encore ce ton si soutenu. Kazuha plissa les yeux à sa remarque, puis rit à son tour en joignant ses mais dans son dos. Elle tira dans un petit gravier en ajoutant.

« Et le visage de l’élève distrait cache bien son éducation ! »

Après tout, pour un élève qui s’endormait et séchait la rentrée, ses tournures de phrases étaient très recherchées. C’était d’ailleurs plaisant à écouter, et Kazuha se prêtait volontiers à l’essai de ce nouveau jeu !  Elle resta debout, préférant camper en face de lui plutôt que de s’assoir : ainsi, elle était constamment confronté à son regard et pouvait le jaugé sans peine. Une brise de vent vint faire voler quelques mèches, qu’elle coinça derrière son oreille. Elle fit mine de réfléchir, lui lâcha, l’air curieux.

« Alors à quoi ai-je l’honneur ? »

Elle employé le ‘quoi’ et non le ‘qui’. D’après elle, dans cette école emplie de monstre, la nature de l’adversaire était beaucoup plus importante que son identité elle-même. Et elle avait beau se creuser les méninges, elle n’avait jamais rencontré autre chose que l’ange et l’animorphe qui lui servait de parents. Elle pouvait donc être certaine qu’il n’était ni l’un, ni l’autre. Et puis c’était interessant de voir comment il allait réagir. Elle était préssé de savoir, elle qui n’avait jamais rencontré de personne differente. Et surtout, elle était très curieuse de voir quelle était la pratique dans cet établissement. Est-ce que sa race se dévoilait sans problème, où est-ce qu’il y avait certains tabous ? Elle croisa les bras sur sa poitrine, prenant une posture légèrement autoritaire et ajouta avec un sourire en coin.

« J’ai le droit de savoir qui est mon tout premier camarade de classe ! »

S’il en était vraiment un…



✻✻✻
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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Mar 12 Mai - 1:38

Que suis-je ... ?

« Oui, nous séchons. »

Sa réponse machinale et naturelle n'avait pas manqué de faire s'esquisser un sourire chez l'infirmier. Elle le prenait réellement pour un jeune homme de sa génération, c'en était presque touchant, mignon. Il avait bien fait de jouer le jeu. Ses yeux turquoise s'étaient un instant baladés sur les jardins, il put alors constater que plus personne n'arrivait, plus aucun élève retardataire ne courait, l'heure était donc passée. Un soupire se fraya un chemin entre les crocs et les lèvres de Nathanaël. Une nouvelle année venait de commencer, de nouveaux jours à chercher une solution également, tout comme ses premiers crimes n'allaient pas tarder à arriver. Son regard encore un peu endormi se releva vers la jeune demoiselle qui avait osé s'approcher de lui, peut-être serait-elle la première victime de ces tueries perpétuelles qu'il tentait de cacher aux yeux de tous avec l'aide du Directeur de l'établissement.

« Peut-être que oui, peut-être que non ! Tu vas me balancer ? »

Qu'elle réponse surprenante ! Le blondin resta un instant hébété avant de se mettre à ricaner doucement. Elle ne manquait pas d'audace et de cran, il aimait ça. Elle avait une chance qu'il ne l'attaque pas en premier. Le vampire s'étira doucement, dans un petit raillement discret alors que la jeune élèves se tenait fièrement face à lui. Qu'avait-elle ? Il était si intriguant que cela ? Il haussa alors un sourcil avant d'afficher un petit sourire en coin. Elle devait avoir le même soucis que lui, et se demandait à qui elle avait affaire. Lui, n'avait toujours pas trouvé sa réponse. Cette odeur de chien était toujours autant présente, le répugnant d'ailleurs un peu, et pourtant, autour de cette jeune fille lumineuse régnait une aura pleine de douceur. L'allemand devait d'ailleurs avouer qu'elle avait un très bon effet sur lui, il se sentait bien, à l'aise, détendu, sans que son instinct de prédateur ne prenne le dessus sur lui, sans que sa soif parfois trop insistante ne vienne le perturber. A moins ce que cela ne soit du qu'à l'odeur bestiale qui leur tournait autour ? Peut-être. Il hausse les épaules, comme réagissant à ses propres pensées alors qu'il étirait son rictus pour afficher un sourire, sincère, amusé, avec une certaine douceur dont nous ne nous serions pas douté.

« Non, n'ayez crainte. Je n'ai que faire de vos agissements. Séchez si cela vous chante ! »

Avait-il alors dit en s'appuyant de nouveau contre le dossier du banc, avec assurance, venant croiser ses bras derrière sa tête. Elle, avait osé lui ressortir une nouvelle remarque qui le surprit tout autant que la première. Décidément, elle avait les bons mots à tous les coups, c'en était presque agaçant. Mais le vampire s'en amusa, après tout elle n'avait pas totalement tord. Certes, il n'était point un élève, mais son comportement pouvait parfois contraster avec son image. Alors qu'il pouvait paraître très charmant, tel le gendre idéal, plein de douceur et d'attention, il se trouvait plutôt être une bête peu docile, à la recherche de sang encore chaud à boire, arrogant et bien trop sur de lui. Loin d'être l'homme que les femmes recherchaient, et pourtant, son physique suffisait à les faire tomber dans le piège ... Comme quoi, un joli minois et de belles paroles pouvaient suffire à manipuler n'importe qui.

Le soleil continuait de chauffer leur peau et leur corps, la légère brise faisait un peu plus danser leurs cheveux. Ceux de la jeune femme faillirent d'ailleurs hypnotiser Nathanaël l'espace d'un instant alors qu'il s'était risqué à les fixer trop longtemps. Attiré par leur clarté, leur légèreté, leur brillance. L'idée de l'ange lui revint en tête. Elle en était peut-être réellement une finalement. Mais comment en être sur ? Elle, trouva rapidement la solution, sans aucune gêne, la demoiselle lui posa directement la question. Il ne sut quoi répondre, trop surpris, pris de court, il se contenta de lever le visage vers elle, ses iris bleu trahissant très bien son état. L'audacieuse demoiselle avait une nouvelle fois frappé, réussissant à déboussoler un vampire six fois plus vieux qu'elle. Il devait bien lui tirer son chapeau, surtout qu'elle ajoutait une gestuelle plutôt assurée à ces paroles pleine de bravoure.

« J’ai le droit de savoir qui est mon tout premier camarade de classe ! »

Un nouveau ricanement chez le vampire, presque un rire même, alors qu'une de ses mains venait se balader dans ses cheveux blonds, lui frottant la tête. Elle avait raison d'un certain côté, mais, était-ce une bonne idée de lui avouer quelle était sa véritable nature ? Ne risquait-elle pas de prendre peur à de s'enfuir ? Il le craignait un peu. Devait-il alors mentir comme il le faisait déjà sur son faux statut d'étudiant ? Peut-être... Nathanaël ne savait pas. Il plongea un instant son regard dans celui de la demoiselle, cherchant une réponse, comme s'il attendait d'elle un signe lui donnant le feu vert pour lui dire toute la vérité. Elle était là, campée face à lui, pleine d'assurance et de vitalité, fière même, les bras croisés, comme si elle ne craignait rien. Rien ? Vraiment ? Il pencha imperceptiblement la tête sur le côté. Elle ne détournait pas le regard, l'affrontait sans aucune peur, sans aucun doute. Il eut alors un nouveau sourire avant de quitter enfin son banc, se mettant debout devant elle, il commença par s'épousseter le pull et son pantalon. Une habitude, une éducation, un tics surement, ajoutés à un petit côté manique dut à son travail. Sa voix grave et clair résonna à alors.

« En effet. Vous n'avez pas tord, il vous ait parfaitement permis de savoir cela. »

Le nettoyage rapide terminé, il se redressa face à elle et osa s'approcher un peu, encore un peu plus, toujours un peu plus, le regard vissait dans le sien avec un sérieux qui faisait littéralement oublier l'atmosphère apaisante présente depuis le début de la matinée autour de cette fontaine. Le bleu de son iris se voulait de plus en plus sombre, mais toujours avec autant d'intensité, son aura se faisait plus froide, plus effrayante alors que son physique, lui, ne changeait pas d'un poil. Il était toujours aussi beau, toujours avec cet air angélique, ses cheveux blonds brillants de mille feux sous le soleil, le col de sa chemise blanche dépassant de son pull reflétait tout autant la lumière et pourtant... Sa voix se fit plus grave encore.

« Mais... N'avez vous donc pas peur de la réponse, mademoiselle ? »

Quelques pauvres centimètres les séparaient alors. Face à Nathanaël, la demoiselle devait bien faire un tête de moins, c'était un poids plume qui n'aurait certainement aucune chance face à la bête qu'il pouvait être. L'idée lui plaisait. Alors qu'il avait paru si sérieux durant ses dernières paroles, un nouveau sourire en coin très amusé et légèrement moqueur venait de se dessiner sur ses lèvres fines, entrouvertes, laissant finalement les crocs immaculés de l'infirmier apparaître au grand jour. Ils semblaient presque briller eux aussi, la pointe ne se faisant même pas remarquer tant ils étaient aiguisés, capables de tout trancher, pouvant s'infiltrer sans encombre dans la peau fragile et fine de n'importe quelle jeune femme. Nathanaël ricanait. Après tout, si elle avait du cran comme elle tentait de le montrer jusqu'à lors, c'était le moment de lui prouver. Une main glacée de l'allemand s'éleva, venant capturer une mèche de cheveux blancs de l'étudiante alors qu'il osait approcher encore plus son visage du sien. Le nez se laissant frôler par ses cheveux argentés, le vampire se contenta de lui chuchoter à l'oreille.

« Alors ? Que suis-je d'après vous ? »


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Kazuha Okamichi
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Mar 12 Mai - 16:02

✻✻✻  Séchez si cela vous chante ! Ouf, elle était rassurée. Même si elle se fichait pas mal qu’on se rende compte de son absence ou non, à bien y réfléchir, elle ne tenait pas à ce qu’on la dénonce. Et surtout pas par quelqu’un comme lui. Ses tournures de phrases, sa manière d’agir et de rester calme faisaient de lui un élève modèle d’après Kazuha. Il devait surement être une élite de sa classe, peut-être majeure de sa promotion, adulé par les professeurs. La blonde fronça les sourcils : quelque chose n’allait pas dans son raisonnement. Quand bien même il était très sérieux et scolaire, lorsqu’une étudiante comme elle venait vous importuner en pleine sieste et vous tutoyer…  Rester de marbre et vouvoyer quelqu’un comme ça, hm, Kazuha commençait à douter. Et s’il mentait ? S’il n’était pas un étudiant mais un membre du personnel ? Elle ne l’imaginait pas professeur, et encore moins surveillant. Il avait beaucoup trop de faciliter à communiquer pour n’être qu’un simple pion, pensait-elle. Cela commençait à l’intriguer, mais elle tut sa curiosité. Elle préféra continuer de croire son identité d’étudiant, et si elle s’était trompée, soit, elle lui en voudrait d’avoir menti. Mais tout ça au final n’a pas de réelle portée…

A plusieurs reprises, il esquissa un sourire. Il ricana presque à l’une de ses paroles. Kazuha arqua un sourcil, marquant son visage pâle d’incompréhension. Etait-il amusé de son comportement ? Troublé peut-être ? L’ange avait l’habitude qu’on rit à ses côtés, car elle aimait faire le pitre et entendre les rires de son entourage. Mais pourtant, en cette heure matinale, elle n’avait pas envie de rire. La curiosité la rongeait. Son esprit vagabondait, posant diverses questions sans réponses, intensifiant sa soif de savoir. Il fallait la comprendre : elle était jeune, arrivait dans une toute nouvelle école et ne connaissait aucune race présentes ici. Ce monde qui s’ouvrait à elle était tout nouveau et elle était impatiente de le découvrir. Ainsi, l’homme qui se tenait face à elle se leva après avoir épousseter sa tenue. Ce n’est qu’à cet instant que la jeune fille se rendit compte de sa taille. Mesurant une bonne tête de plus qu’elle, il était tout bonnement impressionnant. Assis, on pouvait le confondre avec un étudiant âgé sans problème. Mais dès lors qu’i les tenait debout face à elle, les doutes s’intensifièrent. Une aura calme et grave à la fois émanait de lui, c’était comme être face à un ainé qui imposait le respect. Ses yeux se plissaient légèrement lorsqu’il souriait, sa posture était si impressionnante. On aurait pu croire voir un ange tant il dégageait une sagesse écrasante. Mais Kazuha en était sur : ce n’était pas un ange, non.

Et soudain l’atmosphère changea. Ce fut comme admirer un troupeau de nuage orageux envahir le ciel bleu. Il se rapprocha d’elle. Chaque pas qu’il faisait en sa direction semblait faire fuir le calme apaisant qui les entourait précédemment. Plus il avançait, plus il semblait grand et imposant. Bientôt, la dernière trace de paix s’effaça et son aura paru beaucoup plus sombre. Ses prunelles turquoise la pénétrèrent. Kazuha se sentait faillir : elle qui avait eu la sensation de s’enfermer petit à petit dans un cocon de coton se trouvait face à quelque chose de beaucoup plu froid et dur. Et le pire était qu’elle se sentait complètement à nue. Désarmée, sans défense, elle ne pouvait que le regarder s’approcher d’un pas lent. Le temps sembla s’arrêter, Kazuha n’entendait plus rien, ni les clapotis de l’eau, ni la brise matinale qui froissait les arbres. Seulement sa propre respiration.

Mais... N'avez-vous donc pas peur de la réponse, mademoiselle ? Ses paroles la sortir légèrement de sa stupeur. Sa voix n’avait plus rien de sage, et l’ange qui était en elle n’entendait que le vice dans son intonation. C’était comme si tout son corps tentait de l’alerter d’un danger imminent. Ses poils s’hérissèrent et un frisson parcourra sa nuque. Pourtant, elle n’avait pas peur. Certainement sa part de louve qui contrebalançait son état. En effet, elle était complétement hypnotisé par l’homme. Sa démarche, son ton, sa gestuelle. Tout chez lui était intimidant désormais. Mais Kazuha n’avait pas peur, non. Cela ne fit qu’amplifier son appétit. Elle était partagée entre l’envie de fuir et le bombarder de questions. Mais elle n’en fit rien. Elle le détailla simplement dans toute sa splendeur, gravant dans sa mémoire tous ce qui différenciait ce personnage de celui qu’elle avait rencontré quelques minutes auparavant. Son sourire était moqueur, ses prunelles plus sombres, son aura plus froide. Et pourtant, elle restait là, face à lui, à l’admirer, notant chaque détail. Quel spécimen était-il ? Que pouvait-il lui apprendre ? Etait-il si dangereux ? Sa nature d’ange lui intimait de fuir, repoussé par la chose qu’il était, alors que la bête en elle criait à l’ennemie et souhaitait en apprendre beaucoup plus sur cet adversaire attirant.

« Devrais-je ? »


Ajoute-t-elle simplement d’un air décidé après avoir déglutit. Son corps tout entier était figé sur place, impossible pour elle de se mouvoir tant elle était hypnotisé. Mais son esprit commençait à s’éveiller davantage, souhaitant en voir plus, en savoir plus, en apprendre plus. Elle était totalement attirée par ce qu’il était. Elle voulait voir. Un nouveau sourire de sa part fit briller des canines. Cependant, n’étant pas réellement sur, elle se tut. Après tout, les démons pouvaient eux aussi avoir l’apparence démoniaque de leur choix, non ? Et elle n’avait jamais vu de vampire, elle n’avait fait que lire les best-sellers adolescents. Alors qu’il s’avançait tout près d’elle pour lui chuchoter à l’oreille, elle huma son odeur, l’imprimant dans sa mémoire. « Alors ? Que suis-je d'après vous ? » hasarda-t-il. Kazuha inspira profondément, rassemblant le peu qu’elle connaissait. Après avoir regardé le sol un instant pour réfléchir, elle redressa la tête. Plantant ses prunelles océanes dans les siennes, elle répondit d’une voix neutre mais intéressé.

« Un prédateur »


Franche, directe, ce fut le premier mot qui lui vient à l’esprit. Kazuha avait toujours été fasciné par le rapport proie/prédateur. Elle-même se considérait entre les deux univers, mi proie, ni prédateur. L’ange qu’elle était ne voyait que le bon et le sage, la louve en elle hurlait chaque nuit pour retourner à l’état sauvage. Elle connaissait la patience, elle connaissait la chasse. Ainsi, prédateur était ce qui l’inspirait en le voyant. Tout ce qui émanait de lui était semblable à une bête. Ainsi, moyennement sure d’elle, elle glissa son index entre ses lèvres. Ses crocs vinrent frotter la peau de son doigt, suffisamment acéré pour la percer d’un simple petit trou. Rapidement le liquide s’échappa de l’entaille, se rependant dans sa bouche. Elle se dépêcha de le retirer, n’appréciant pas le gout ferrailleux de ce dernier, et dressa son index abimé entre elle et lui. Une goute perla au bout de l’orifice, puis lentement le liquide pourpre glissa le long de son doigt. Kazuha fixa l’homme face à elle, cherchant le moindre indice. Brandissant son doigt meurtri, elle ajouta d’une voix qui trahissait son intérêt pour la nature de l’inconnu.

« Reste à savoir lequel… »


Elle esquissa un sourire beaucoup moins enfantin qu’auparavant, et attendit sa réaction. Est-ce qu’il a l’odeur de la bête, mon sang ? pensa-t-elle.






✻✻✻
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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Jeu 21 Mai - 3:30

A la hauteur de vos attentes...

« Devrais-je? »

Le vampire s'était contenté de hausser les épaules, toujours avec ce léger sourire joueur, taquin, un brin mystérieux. Tout dépendait de sa catégorie. Faisait-elle partie de ceux qui chassent ? Ou de ceux qui sont chassés ? Nathanaël avait toujours des doutes, et les interrogations ne trouvaient nulle solution. C'était presque à en devenir fou. Mais il aimait les jeux, les énigmes, et surtout les surprises. Il était rare qu'il ne sache rien dès le premier coup d’œil, ce regard qui s'était affiné avec le temps repérait les moindres détails, et ses nombreuses connaissances trouvaient à coup sur toutes les réponses à ses questions, avant même qu'il ne se les soit posées. Un quotidien ennuyeux, en somme. Tout savoir, tout déduire, tout comprendre... Il ne trouvait plus aucune raison de vivre dans cette monotonie, et heureusement, il existait des êtres comme elle, qui le laissaient dans le doute. Même l'espace d'un instant, réussir à le troubler, à le perdre, suffisait à chambouler sa journée déjà toute tracée. Et ce petit bout de femme venait à coup sur de piquer à vif sa routine.

Il se tenait face à elle, la dévisageant, prenant un malin plaisir à scruter la moindre de ses émotions, le moindre de ses gestes. Alors qu'elle se tenait droite tel un être plein de puissance et sans aucune crainte, son regard vacilla un instant, trahissant une part en elle qui devait appartenir à une catégorie plus faible, plus fuyarde. Encore un désaccord qui perturba la vampire, le faisant se mordre discrètement une lèvre entre deux crocs tant il trouvait cette incompréhension jouissive. Ce fut là, alors qu'elle l'éblouissait déjà de ses particularités, que son regard plus tôt fuyard vint se planter sans plus aucune hésitation dans celui insidieux de l'allemand. Un frisson. Ce fut bien ce qui parcourut sa nuque quand leurs regards se croisèrent. Elle le fascinait toujours un peu plus à chaque seconde, faisant osciller ses déductions à chacune de ses réactions, attirant toute sa curiosité et son intérêt.

« Un prédateur. »

La réponse rêvée. Nathanaël en aurait presque grogné de plaisir en l'entendant tant il aimait laisser apparaître au grand jour ce qu'il était réellement. Savoir que la proie connait son destin. Il n'y avait rien de plus attrayant pour un sadique tel que lui. Elle, cette fille pleine de mystères, se sentait-elle comme la proie face à son triste destin ? Il l’espérait. Et en même pas. D'après toutes les surprises qu'elle avait pu lui offrir plus tôt, il se doutait qu'une de plus n'allait pas tarder. Elle admettait qu'il était dangereux, admettait donc un peu sa faiblesse devant lui, mais surement ne tarderait-elle pas à se redresser pour lui faire face. Comme elle le faisait à chaque fois depuis leur rencontre. Il le savait maintenant, il s'en doutait. Elle n'avait pas peur de lui. Ou du moins, si elle s'en était méfié le temps d'une simple seconde, un instinct plus fort la poussait à lui tenir tête. Fascinante. Ce mot résonnait dans la tête de l'infirmier qui ne cessait de la couvrir du regard.

Il s'était redressé, le regard penché vers elle alors qu'il tenait toujours entre ses doigts gêlés une mèche de ses cheveux argentés, aux légers reflets rosés. Elle venait d'emprisonner un doigt entre ses lèvres. Une mimique adorable, attirante même, qui n'échappa nullement au vampire dont la presence était toujours aussi imposante et encore plus proche de la demoiselle. Il voulait la perdre, la désarçonner, la noyer. Tout bonnement l'emprisonner entre griffes. Mais alors qu'il avait l'impression de la tenir, alors qu'elle venait de se prendre le pied dans son filet, l'odeur subtile du mets lui plus désiré vint comme semer la panique chez l'assaillant. Les sens de la bête qui dormait en lui jusqu'à lors se réveillèrent comme emportés par une tornade incontrôlable alors que ses pupilles désormais en alerte zigzaguaient sur le corps frêle face à lui à la recherche d'une réponse. D'où venait ce parfum enivrant et excitant ? Nathanaël eut un mouvement de recule alors que la réponse venait d'elle même. L'étudiante lui exposait une main fine dont un doigt était lentement arpenté par un mince filet de sang.

« Reste à savoir lequel. »

L'affrontement dont il se doutait et qu'il avait attendu. Mais il ne s'était pas douté que le face à face serait aussi osé et aussi tendu. Cette pauvre folle ne se rendait pas compte du risque qu'elle prenait. Toute aussi fascinante soit-elle, tout aussi attirante soit-elle, il était difficile pour le vampire d'envisager de l'épargner. L'audace, le culot, le courage, ou tout simplement l'inconscience de cette demoiselle le mettait dans tout ses états.

Le blondin s'était lentement redressé face à elle, l'observant de toute sa hauteur, avec une certaine fierté. Et pourtant, on pouvait lire sur son visage le combat intérieur acharné qui devait avoir lieu. Son regard assoiffé ne quittait pas cette maigre rivière de tentation, mais c'était ce même regard qui le trahissait. Ses iris naturellement bleutés, parfois sombres comme ils pouvaient être azur, n'étaient que la représentation de ce désir que le vampire essayait par tous les moyens de maîtriser. L'azur se teintait de rose l'espace d'un instant, virait ensuite à un lavande plein de chaleur avant de se laisser à nouveau gagner par la couleur écarlate qui prit bientôt définitivement possession de ce regard de fauve qui ne demandait qu'à sauter à la gorge de son gibier. Elle était perdue ? Il allait s'emparer de son sang et de son âme ? Nous aurions pu y croire.

« On nomme ma race de bien des façons. Revenant. Goule. Simple chauve-souris... »

La main qui tenait jusque là les cheveux de l'audacieuse venait de s'aventurer dans son cou, déposant ces doigts glacés sur sa peau blême, alors que sa jumelle venait s'emparer du poignet plein de finesse fièrement brandit face à l'infirmier.

« Sang-froid. Immortel. Sans âme... Je pourrais vous en citer bien d'autres mais... »

De sa poigne douce, paraissant légère, et pourtant invincible, il mena lentement le doigt meurtri de l'étudiante jusqu'à ses lèvres. Il n'affichait plus aucun sourire, son air taquin avait disparu pour laisser place à un sérieux plutôt angoissant, comme s'il ne tenait qu'à un soupire que la vie de la jeune femme ne lui soit ôtée. Seul son regard, complètement rouge et perçant, était plongé dans celui perpétuellement bleuté face à lui, à l'affut de la moindre réaction, du moindre sentiment de la part de sa proie. Le bras de cette dernière alors levé, l'allemand en profitait pour attraper de sa langue le sang qui tentait de s'évader. Il remonta ainsi l'avant-bras pâle, suivant le chemin tout tracé pour passer sur le poignet, chatouiller la paume de la main et caresser le doigt de ses papilles alors frémissantes au contact de l’hémoglobine qu'elles aimaient tant.

« Buveur de sang est celui qui se rapproche le plus de la vérité. »

Cet avant gout lui avait donné l'eau à la bouche, sa voix se faisait toujours plus grave mais plus tendue, prête à gronder avant l'attaque. Ses yeux brillaient d'une soif qu'il avait du mal à contrôler. Ce sang était tout aussi épatant que la personne à qui il appartenait. Une odeur exaltante, qui réveillait en Nathanaël des désirs sauvages, avec la fluidité d'une eau bénite. Un nectar précieux et inestimable dont le gout le troublait. C'était comme s'il pétillait entre ses crocs, une saveur presque sucré qui attisait sa gourmandise. Et pourtant, un arrière gout étrange lui restait en bouche, une amertume qu'il pouvait trouver dérangeante. La drogue qu'était le sucre, face au dégout qu'était l'amertume. Là encore, cette jeune femme n'était que contradiction. Seul le sang des anges pouvait ainsi lui faire perdre la tête, le faire grogner de plaisir en quelques gouttes, tout comme seul celui des bêtes pouvait lui laisser ce gout amer au fond de la gorge.

Un croisement. Voila ce qu'elle était depuis le début. Jamais il ne pourrait départager ces ressentis distincts qu'il avait eu pour la simple et bonne raison qu'ils étaient mêlés depuis le départ. Une ange et très certainement une animorphe de n'importe quel bestiau. Nathanaël était déçu. Il avait devant lui une personnalité qui le fascinait, une âme qui aurait mérité d'être splendide. Une ange de sang pur aurait été magnifique dans un tel rôle, mais dès lors qu'il avait compris qu'elle était croisée avec un animal, des êtres inférieurs sans plus de valeur, il avait eu l'impression qu'elle perdait de son prestige. Mais au fond de lui, il n’espérait qu'une chose: Que cette audace naturelle qui l'animait sache à nouveau le surprendre jusqu'à ce qu'il en oublie ce croisement de bas étage. Alors, comme pour forcer le destin, il tenta une nouvelle confrontation dont il attendait avec impatience la réaction. Gardant précieusement son poignet dans sa main de chirurgien, la deuxième ne faisait qu'écarter la chevelure éclatante de l'étudiante de son port de tête, mettant à nu la peau claire de sa gorge.

« Suis-je à la hauteur de vos attentes ? »

Aurait-elle préféré rencontrer un démon ? Ou même un incube ? Les prédateurs ne manquaient pas à Chimera, bien que le vampire gardait un certain charme que nul autre bête démoniaque n'était capable d'obtenir. L'aura de ces monstres prouvait leur puissance, comme un fléau prêt à s'abattre sur l'humanité. Alors que les démons se contentaient de semer la malchance et la pauvreté, les vampires, eux, allaient plus loin en se délectant des vices humains. Une perversité que même les incubes ne pouvaient égaler. Nathanaël se plaisait dans cette race à la fois sadique et malsaine. Quitte à devenir un monstre, autant être le pire d'entre tous. Lentement, il se penchait un peu plus sur elle, ouvrant délicatement les lèvres jusqu'à que la gorge de l'audacieuse ne vienne les fleurer.


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Kazuha Okamichi
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Jeu 21 Mai - 12:55

✻✻✻  Elle se tut et admira le spectacle. A la vue de son sang, l’homme se transforma davantage. Alors qu’au début de leur entretient il n’était qu’un camarade  paisible, désormais il apparaissait tel un être supérieur et froid. Kazuha assista sans le moindre mot aux changements de l’élève. Ses yeux perdirent toute trace de bleu, évoluant vers un pourpre presque écarlate. Son sourire disparu pour laisser place à une mine sombre et sérieuse. Et son calme qui semblait éternel s’était évaporé, le dévoilant tel qu’il était aujourd’hui : totalement troublé par le parfum de son sang. L’ange pu constater que le mot prédateur lui collait à la peau. Qui aurait pu deviner à la vue de cet homme que sa nature n’était autre que celle d’un vampire. Cela contrastait tellement avec l’image qu’elle avait eue de lui en début de matinée… Son humanité s’effaçait petit à petit et désormais, il se montrait sous on vrai jour. S’en était terrifiant. Est-ce que l’école comptait beaucoup de vampire ? Etait-il tous comme lui à jouer un double jeu ? Kazuha fronça les sourcils, marquant son visage du doute qui se forgeait en elle. Comment pourrait-elle se lier d’amitié avec quelqu’un qui ment sur sa personnalité avec autant d’aisance. Comment avoir confiance en tous ses élèves si une fois le dos tourné, ils s’avéraient être l’incarnation du mal. Plus elle le regardait, plus elle doutait. Comment croire en cette école, en ce renouveau ? Elle qui n’avait déjà pas foi en cette rentrée, perdait gout en l’établissement. S’il était rempli d’homme comme lui, comment ferait-elle ? Comment se défendrait-elle ? Comment réagirait-elle ? Tant de question se bousculaient en elle, elle perdait pied. Ses prunelles zigzaguaient avec incompréhension, son esprit s’affolait.

C’est sa voix qui la fit émerger. Alors qu’il se présentait sous divers noms, il approcha ses lèvres de son doigt. Ce qu’elle redoutait se produisit : il lapa le sang qui s’échappait de la plaie, tenant d’une main ferme mais douce son poignet frêle. Il semblait complètement dompter par son désir, incapable de se contrôler il n’avait pu résister à étancher sa soif. C’était à la fois effrayant et fascinant. Comment un être aussi puissant, dégageant autant de force, pouvait être aussi dépendant de ce liquide. Esclave de son envie sanguinaire, il continuait de suivre le chemin rougeâtre. Kazuha n’osait bouger. Immobile, elle le regardait faire. Elle n’osa le déranger dans ce qui semblait être une cérémonie pour lui. Le visage de la jeune femme ne semblait plus si mature. Pétrifié, ses prunelles s’étaient teintées d’une lueur apeurée. Elle n’était plus qu’une proie. Une faible et docile proie face à son prédateur, immobilisé par la peur et la fascination. Sous son emprise, elle n’était plus rien. Il s’approcha davantage d’elle, sur de lui, et caressa son cou. Un frisson lui parcouru l’échine. Son esprit était totalement embrouillé. A quoi tu joues Kazuha… Sa soif de curiosité l’avait poussé à faire un pas plus que décisif et elle réalisait seulement l’ampleur des conséquences qui suivaient son geste. Inconsciente ou ignorante, elle était face à un monstre. Un monstre qu’elle avait volontairement réveillé. Et désormais, elle était prisonnière de ses griffes. Elle se sentait oppressé, mal à l’aise. Elle avait peur pour la toute première fois. Son ventre était douloureux, sa gorge se nouait. L’espace d’un instant, elle était redevenue la gamine paniquée et immature qu’elle était. Comme une enfant qui aurait fait un caprice pour faire un tour de grand huit, mais une fois en haut de la chute, pleurant comme une madeleine pour redescendre.

C’est toi qui la provoqué Kazuha. L’ange en elle ne cessait de se morfondre, regrettant ses actes passés et sa désinvolture. Mais alors qu’elle se sentait faillir, elle fit un lien étonnant. Elle se remémora la dernière visite de son père dans la demeure familiale… Ses prunelles s’assombrirent. Son paternel avait beaucoup souffert tout au long de sa vie. Et c’est cette vie misérable qui le poussa à devenir le monstre qu’il était. Cédant à ses pulsions animales, il avait effacé toute trace d’humanité pour n’être que la bête. Un loup. Un effroyable loup noir au regard flouté par la rage. Ne reconnaissant même plus ses propres enfants, il avait gâché la vie de toute sa famille, mais surtout de son frère ainé. Kazuha avait l’impression de revivre la même scène effroyable. Elle se sentait impuissante, complétement pétrifié par la peur qu’il s’en prenne à elle. Incapable de réfléchir, elle ne voyait plus que le monstre en lui, ne comprenant pas ce qu’il se passait. Ses prunelles azur fixaient le vide sans réellement le voir, perdue dans ses propres souvenirs. Non. Il ne fallait pas que cela se reproduise. Elle se souvenait de son désarroi lorsqu’elle avait vu le corps de son frère étendue dans une mare de sang, inerte. Si seulement elle avait agi, si seulement elle était sortie de ce mutisme plus tôt, si seulement elle n’était pas rester immobile face au monstre, si seulement… Elle s’en voulait tellement d’avoir été aussi faible, aussi lâche. Comment pouvait-elle rester impassible devant une bête sans avoir le courage de protéger son entourage ? Comment l’ange en elle pouvait tolérer ce manque à l’appel ! Comment le prédateur en elle pouvait-il se terrer dans son effroi ? Non, il fallait réagir. Pas une seconde fois, pas une seule fois, non.

C’est lorsqu’il s’approcha dangereusement de sa nuque qu’elle sortit de sa torpeur. Entre ses dents serrées s’échappa un grognement animal. Ses prunelles océanes reprirent leur lueur, à la fois féroce et spontanée. Elle serra les points et ferma les yeux, prenant une respiration discrète. Lorsqu’elle les rouvrit, elle s’empressa de fixer le vampire. Son visage perdit ce qu’il avait d’enfantin pour laisser place à une mine mure et réfléchie. Son aura d’ange occupait l’espace, tentant de dominer celle du blondinet. Inconsciemment, tous ses sens s’étaient réveillés. Alerte, elle ne supportait plus d’être prise au piège, ses mains d’homme bloquant son poignet. Cependant, son esprit se remit en marche. Alors qu’elle avait enfin réalisé la dangerosité de la situation, elle se recula afin de pouvoir voir son visage. Elle planta son regard dans l’écarlate de ses iris. De sa main libre, elle approcha ses doigts des lèvres du jeune homme. La peur avait laissé place à la fascination, et d’un mouvement lent, elle caressa les lèvres roses du garçon. Elle savait ce geste risqué car d’une seconde à l’autre, il pouvait lui arraché la main ou simplement lui sauté à la gorge. Néanmoins, Kazuha était complétement admirative de l’être qui l’était. D’un simple rapprochement, il avait réussi à la faire faillir, paniquée. Rien que pour cela, elle était sous le charme de cet être maléfique. Encore une fois, ses natures opposées se battaient en elle. Alors que l’ange voulait fuir raisonnablement le monstre qu’il était, le loup voulait rester et combattre cette aura surnaturelle. Quant à sa part d’humanité, celle-ci respirait la curiosité et ne souhaitait qu’une chose : le pousser à bout dans son retranchement, tout apprendre de cette race fascinante. Le mélange des trois faisait passer Kazuha pour une folle, passant d’un état de peur incontrôlable, au désir de tenter le diable. Alors qu’il attendait une réponse, la jeune fille lui répondit d’une voix calme et neutre, sans émotion.

« J’ai eu ce que je voulais »


Elle recula sa main du visage pâle du jeune homme et, se mettant sur la pointe des pieds, elle caressa le haut de sa tête, comme un parent le ferait à un enfant que s’était bien conduit. Après tout, elle avait voulu savoir de qui il s’agissait, et il lui l’avait dit et montrer sans aucune pudeur. Pour cela, Kazuha le remerciait silencieusement. Retirant cette fois ci sa main, faisant un pas en avant pour garder cette proximité et l’atmosphère qui y régnait, elle esquissa un sourire sincère. Elle le remerciait d’avoir apaisé sa curiosité, elle le remerciait de lui avoir fait comprendre que cette école n’était pas une cours de récréation, mais aussi de lui avoir ouvert les yeux sur bien des choses. Inconsciemment, il l’avait aidé. Alors que ses lèvres s’étiraient, elle réalisa que lui aussi avait peut-être découvert son secret. En était-il vraiment un ? Kazuha était certaine que son sang l’avait trahi. Son aura d’ange avait beau être forte, la bête en elle était bel et bien présente. Quand pensait-elle ? Etait-il dégouté d’être face à un sang mêlé ? Un ange de sang pur devait être davantage intéressant pour un prédateur. Elle passa sa main libre dans ses cheveux, réveillant le parfum fruité de son shampoing. Elle savait qu’elle n’était qu’un croisement. Certaines personnes ne voyaient cela comme une curiosité de la nature tout à fait intéressante, d’autre la trouvait simplement repoussante. Une absurdité du destin certainement. Comment deux être si différents pouvaient-ils se confondre pour donner naissance ? Comment la pureté d’un ange céleste pouvait-elle se lier à un animorphe de bas-étage, sale et brutal. Telle était la question qu’elle soulevait. Se rendant bien compte du paradoxe qu’elle soulevait, elle ajouta d’un air presque moqueur.

« Je suppose que je ne suis pas le plus raffiné des mets que tu ais gouté, n’est-ce pas ? »


Elle ne pouvait s’empêcher de se demander quel goût avait-elle ? Pour elle, le sang n’avait qu’un parfum ferrailleux et dérangeant. En lui demandant cela, elle affirmait deux idées biens propres : d’un : elle savait qu’il avait compris sa nature de sang-mêlé, de deux, elle se doutait qu’il ne faisait pas semblant de jouer un prédateur. Sa manière d’agir, sa précision dans ses gestes, son masque impénétrable… il avait tout d’un professionnel. Elle ne devait pas être la première à s’intéresser à lui. Lorsqu’elle l’imagina planter ses crocs dans le corps d’autres femmes, et les laisser sur le sol inerte, elle frissonna. Chassant cette idée de son esprit pour l’instant, elle reporta son attention sur lui. Posant son regard sur son poignet emprisonné comme pour lui montrer qu’il se trompait sur sa prisonnière, elle ne pu retenir un grognement à nouveau. Sa voix s’éleva, d’une froideur immaculé.

« Je ne suis pas une proie »


Imposa-t-elle en détournant son regard de son poignet. Il la fascinait, il l’apeurait, il la repoussait. Sa simple présence faisait s’entrechoqué chaque partie de Kazuha, l’ange, l’humaine et la louve se battaient pour avoir raison. Et comme pour faire taire ce débat intérieur, elle ajouta sur un ton plus léger cette fois-ci.

« Et tu n’es certainement pas un élève »


Point, net, précis comme une entaille. Sa phrase était pure. Tu t’es trahi tout seul mon grand..







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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Sam 13 Juin - 1:51

Me jouer de vous ...

Des cheveux roses lui chatouillant le visage, le parfum du shampoing l'enivrant doucement et ses lèvres frôlant la peau de cette gorge alors mise à nue, la vampire stoppa son geste. Ses crocs s'écartèrent et ses mâchoires se fermèrent quelque peu pendant que Nathanaël tentait d'assimiler ce qu'il venait d'entendre. Un grognement. Un grognement comme il était lui même capable de faire, en majestueux prédateur qu'il était. Mais celui-ci ne venait pas lui, jamais il n'aurait osé perturber ce moment de plaisir par un bruit de gorge aussi peu approprié. La demoiselle, elle, avec toute son audace et tout son culot, ne s'en serait pas gênée. Proche d'elle, le torse touchant à peine son épaule et le visage encore enfoui dans son cou, il pouvait sentir le changement qui opérait en elle. Cette aura angélique qu'il avait remarqué depuis leur rencontre commençait à se faire timide, elle s'estompait pour laisser place à une grandeur plus puissante, plus hostile. Le vampire eut un nouveau frisson alors qu'il se mordait une lèvre, un sourire satisfait s'étirant doucement avec une pointe d’obscénité. Le blondin venait d'avoir la riposte qu'il espérait de la part de cette ange impure, à moitié Animorphe, qui avait osé le décevoir. Se ressenti allait mieux désormais, il avait pu vérifier qu'elle n'était pas de si bas étage que cela. Elle n'était pas l'a moitié d'un bestiau sans valeur et sans honneur. C'était une prédatrice elle aussi, avec cette aura farouche qui ne manquait pas de réjouir l'infirmier.

L'étudiante se recula, l'homme se redressa avec toute la prestance dont il était capable, ayant du mal à cacher sa joie de découvrir peu à peu les facettes de sa nouvelle proie. Elle leva les yeux vers lui, il les baissa vers elle, ses iris sanguinaires venant se confondre aux siens, célestes. Un affrontement qui mettait en face à face des êtres paraissant si différents et similaires à la fois. Lui, faisait peur, il inspirait l'angoisse rien qu'en fixant son regard sur les malheureux, elle, inspirait l'apaisement et la confiance. Pourtant, Nathanaël avait face à lui quelqu'un pouvant être tout aussi dangereux, tout aussi féroce et brutal. Il avait envie de lui retourner la question: C'est un prédateur, mais lequel ? Là, il aurait beau se servir de tous ses sens, du gout du sang qui venait de se balader sur ses lèvres jusqu'au fond de sa gorge, il lui était impossible d'en connaître la réponse seul. A moins de la pousser à bout et qu'elle daigne se transformer face à lui. L'idée lui plaisait, c'était une manière d'allonger encore un peu leur rencontre et le petit jeu qu'il avait installé depuis le départ. Le vampire allait esquisser un nouveau sourire en coin quand il fut surpris par la main de la demoiselle s'approchant de lui. Il faillit avoir un mouvement de recul mais se ravisa, jamais il ne ferait un pas en arrière, surtout face à une gamine effrontée. Mais il ne s'était pas attendu à un tel geste, et en resta sous le choc, alors que les doigts fins de la jeune femme se posaient sur ses lèvres glacées qui n'osaient même plus se tendre pour afficher ce sourire qu'il avait entrepris. Que voulait-elle ? Pourquoi prenait-elle tant de risque ? L'homme aurait très bien pu être farouche et lui bouffer la main. Heureusement, l'allemand n'avait jamais rien eu contre le contact, bien au contraire. Quoi que cette fois-ci, il avait réellement l'impression de ne rien contrôler et de ne rien décider. Il ne comprenait tellement pas, et était de plus en plus troublé. Ses yeux le prouvaient d'ailleurs en ne sachant plus qu'elle couleur afficher. Ses iris se jouaient de lui en naviguant entre son bleu naturel et le rouge écarlate de son côté monstrueux, virant en un camaïeux de mauve qui ne cessait de changer de teinte.

Il ne savait plus quoi penser ni quoi ressentir. Ses yeux indécis toujours plongés dans les siens, ses lèvres frémissant sous ses doigts, il était perdu et hésitait entre l'apaisement que lui inspirait ce contact et l'appétit qui l'avait amené jusqu'ici.

« J'ai eu ce que je voulais. »

Ces simples mots, cette voix traversant son esprit, suffirent à le faire sortir de cet état d'apathie. Il cligna enfin des yeux, se redressa un peu plus et se pinça un instant les lèvres en réalisant qu'il avait succombait au charme d'une mortelle l'espace d'un instant. Comme quoi, les anges pouvaient être tout aussi dangereux que lui, parfois succubes sans le vouloir. L'aura de la bête n'était plus, autant chez la demoiselle que chez le vampire qui venait de retrouver la paix grâce à ce simple geste, comme si les pouvoirs angéliques pouvaient encore avoir un impact sur la boite vide qu'il avait l'impression d'être aujourd'hui, sans âme et sans cœur. Elle, rayonnante et pleine de vie malgré l'angoisse qu'elle venait certainement de vivre, osait à nouveau s'approcher de lui, ne craignant nullement la peur, venant plutôt la chercher en restant proche du vampire qu'il ne la lâchait pas des yeux. Il suivait ses mouvements, ses gestes, son humeur, comme à l'affut d'une ouverture pour mieux s'emparer d'elle, et pourtant, ses iris venaient de reprendre calmement leur couleur bleutée alors que cette main fine et svelte se posait sur sa chevelure blonde. A nouveau, elle le surprenait, elle le désarçonnait et lui faisait perdre le fil. Avait-elle peur de lui, oui ou non ? N'avoir aucune réponse précise aurait très bien pu l'agacer et lui faire perdre patience mais plutôt que de laisser s'échapper le monstre terré en lui, il préférait se laisser aller à la contemplation de ce petit bout de femme qui affrontait le danger. De l'insouciance ? Non, il s'était déjà posé cette question et la réponse n'avait toujours pas changé. Elle était intrépide et téméraire, mais surtout naturelle. C'était le mot qui lui était venu à l'esprit en observant ce simple geste, comme le ferait une femme qui ne fait la différence entre le mal et le bien, et qui se contente d'approuver ce qui lui semble juste. De quoi surprendre un peu plus Nathanaël qui ne pouvait que répondre à son sourire par un similaire alors qu'elle reculait enfin sa main. Un sourire qui cachait un certain embarras et qui en même temps capitulait. L'allemand devait bien se rendre à l'évidence, elle l'avait touché et avait su dompter l'espace d'un instant l'animal assoiffé qu'il était. C'en était-elle seulement rendu compte ?

Le silence fut rompu. Par une question qui ne manqua pas d'amuser Nathanaël. Il étira un sourire au coin de ses lèvres dans un faible ricanement amusé.

« Il est des nectars bien plus fins et fruités que le votre, je dois l'avouer. Mais, si cela peut vous rassurer, il m'est été rare de découvrir un tel arôme. Vous êtes surprenante. »

En cette simple fin de phrase, il avouait tout autant la surprise qu'il avait eu en léchant son sang que les nombreuses auxquelles il venait d'avoir droit en quelques minutes qui lui avait paru une éternité. Certes, un sang pur, d'une ange parfaite, était d'un délice sans nom, il n'y avait plus enivrant. Mais c'était également un énorme piège dans lequel l'allemand ne voulait plus retomber. Se délecter d'un sang purement angélique devenait très vite une addiction, et Dieu savait le massacre dont avait été capable le blond pour étancher cette soif insupportable allumée par une telle drogue. La faible amertume qu'il avait pu sentir en l'essence vitale de la demoiselle avait suffit à ce qu'elle ne ravive pas cette dépendance. Elle n'aurait malheureusement pas duré longtemps sur ses deux jambes s'il n'en avait pas été ainsi.

« Je ne suis pas une proie. »

Nathanaël arqua un sourcil avant de ricaner, a moitié amusé et moqueur. Son emprise sur son poignet se fit plus douce, plus délicate, mais il ne la lâcha pas pour autant, se penchant légèrement vers elle, comme pour la narguer.

« J'avais cru remarquer, en effet. Mais, navré de vous décevoir, tout être vivant en ce monde est une proie face à moi. »

Son sourire s'étira un peu plus, dévoilant très clairement cette fierté mal placée qu'il pouvait alors avoir à se croire le plus puissant et le plus redoutable. Le pire était qu'il n'avait pas tord. Il n'avait nulle crainte à ce qu'elle se transforme pour tenter de lui prouver le contraire, de toute façon, il était sur de gagner contre n'importe quel adversaire. Le directeur mis à part... Mais ceci est un sujet sensible, n'en parlons pas plus.

« Et tu n'es certainement pas un élève. »

Le ricanement qu'il avait pu avoir jusque là vira au rire, un rire sincère et clair, tel le jeune homme qu'il aurait pu être. Sa couverture venait de tomber. Elle avait mis du temps à s'en rendre compte, ou en tout cas à l'avouer, mais enfin elle osait le mettre devant la réalité. Il se contenta alors de hausser les épaules, une mine satisfaite sur le visage, presque fier de pouvoir dévoiler qu'il ne faisait encore une fois pas du tout partie de la même catégorie qu'elle.

« Non, c'est vrai. Mais il ne semble pas avoir une seule fois affirmé que j'en étais un. Je n'ai simplement pas osé vous contredire. Vous sembliez si heureuse de rencontrer un camarade. »

L'ironie, sa meilleure amie. Ainsi il pouvait aisément se jouer de ces interlocuteurs, même le directeur se faisait prendre au jeu parfois tant Nathanaël en abusait. Et continuant sur sa lancé, le vampire desserra un peu plus l'emprise qu'il avait sur le poignet de la jeune fille pour seulement lui prendre la main, lui tenant les doigts des siens pour simplement y déposer un doux baiser. Joueur, narquois, désireux de découvrir de nouvelles facettes de cette audacieuse, il ne désirait que la titiller un peu plus, toujours plus.

« Veuillez me pardonner demoiselle. Loin de moi était l'idée de me jouer de vous. »

Son sourire charmeur, ses yeux brillants, non, tout ceci ne suffisait pas à faire disparaitre son ironie qui dévoilait clairement son petit jeu. Il était clair qu'il se jouait d'elle depuis le début, depuis qu'elle avait osé se poster devant lui durant sa sieste, depuis qu'elle titillait sa curiosité. Il en était fini d'elle, ange impure qui avait tout de même réussi à s'attirer la tendresse et l’intérêt du vampire, elle venait de devenir un de ses jouets préférés. Elle s'assurait ainsi une espérance de vie un peu plus longue a Chimera, mais une vie tumultueuse que Nathanaël se ferait une joie de perturber et d'entraver. Et même s'il sentait un regard accusateur dans son dos, le regard perçant d'un petit directeur qui venait de le trouver et qui désirait certainement qu'il retourne à son travail, l'infirmier ne comptait pas s'éclipser avec douceur de la vie de la jeune femme.  

« Vous vous rendez compte du rapprochement que vous venez d'avoir avec un membre du personnel ? Ne serait-il pas mieux pour vous, autant que pour moi, que nous continuions ce petit rôle de camaraderie ? Non que me rapprocher de vous fut désagréable. »

Un petit chantage, une tentative d'oppression, ou juste un essai pour garder un certain anonymat parmi les élèves, le vampire n'était pas bête. Il se doutait qu'elle n'allait pas réagir comme il s'y attendait, et préférait patienter jusqu'à la prochaine surprise en gardant en otage la main de l'étudiante avec lui, posée contre sa joue et touchant encore les fines lèvres de l'allemand.


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Kazuha Okamichi
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Sam 27 Juin - 21:02

Mauve.  Kazuha constata avec étonnement la conséquence de ses actes. A chaque nouveau geste, une nouvelle réaction. Inconsciemment, son esprit retenait chaque détail, énumérant virtuellement une liste de point important à détailler et préciser. Elle se sentait exploratrice, scientifique, savant-fou. Il était son sujet d’examen. Elle voulait tout savoir, tout connaitre de lui, tout en gardant une part de secret. Après tout, si elle devinait trop facilement ses émotions, le jeu se stoppait non ? Impatiente mais calme, elle appréciait l’air déconcerté qu’il avait adopté, plongeant ses prunelles azurée dans les siennes qui changeaient de couleur au gré de ses pensées. A quoi pensait-il ? La blonde se le demandait. Avait-il encore envie de la dévorer ?  L’avait-il pris en sympathie ? Se fichait-il totalement d’elle ? Kazuha ne savait quoi répondre. Il était impénétrable. Mais alors qu’elle pensait ne jamais réussir à le percer à jour, une brèche éclata. Ce n’était presque rien. Une toute petite fissure presque invisible à l’œil nue, à la surface du masque d’homme. Microscopique, mais Kazuha, elle, l’avait vu. Elle avait ressenti la secousse. Elle l’avait perturbé. Et quelle satisfaction elle en tirait ! Elle admirait le spectacle qui se jouait dans ses yeux, aux premières loges. Mauve, bleu, rouge et leur dérivé. Elle ouvrit la bouche mais n’osa rompre ce silence. A la place, un sourire sincère et heureux étira ses lèvres. Son visage prit des traits bien trop enfantin, mimant un bambin à qu’on félicitait pour avoir dessiné dans dépasser les contours épais du coloriage. Elle était heureuse et fière. Oui, elle rayonnait de fierté.

Mais rapidement, le vampire reprit le contrôle de lui-même. L’instant ne dura que quelque seconde, et l’ange enregistra ses dernières au plus profond de sa mémoire. Kazuha pu apprendre que son sang n’avait pas mauvais gout.

« Vous êtes surprenante.»

Elle plissa les yeux et en guise de remerciement pour ce qu’elle prenait pour un compliment, elle écarta les pans de  sa jupe évasée, telle une semi révérence. Des milliers de question la taraudaient. Est-ce qu’il est si différent des autres anges ? Est-ce que je sens la bête ? Comment connais-tu le goût du sang pur ?  A cette propre question, l’ange arqua un sourcil. La question semblait totalement justifiée. Comment pouvait- il avoir matière à comparaison ? Pour la première fois depuis leur entretient, Kazuha se posait l’unique et réelle question que tout être humain aurait dû se poser devant cet homme : va-t-il me tuer ?

« J'avais cru remarquer, en effet. Mais, navré de vous décevoir, tout être vivant en ce monde est une proie face à moi. »

Un frisson parcouru son échine jusqu’à sa nuque, refroidissant son corps pourtant bouillonnant. Il ne laissait transparaitre aucune émotion, tous doutes furent écartés. Son visage froid, sa façon de changer de gestuelle, son regard précis, son sourire presque carnassier, et sa manière de s’adapter. Il évoluait au gré de ses victimes, s’accommodant aux désirs de celle-ci pour mieux la cerner, l’apprivoiser, et la tuer. Du moins, c’est ainsi que Kazuha le voyait désormais.

Et malgré tout, alors qu’en temps normal ses ailes grisâtres auraient battu l’air avec nervosité, elle restait plantée là. Le manège recommençait. Il était effrayant, elle était attiré, il était perturbé, elle se fermait, puis il redevenait effrayant, et ainsi de suite. Elle n’arrivait pas à avoir peur de lui. Elle ne comprenait pas. Alors que n’importe qui aurait voulu courir avec l’espoir de le fuir, elle semblait incapable de se mouvoir. Alors qu’à la surface, l’idée d’être en face d’un prédateur l’intimidait, au cœur d’elle-même, un feu ardent brulait. Je ne suis pas une proie. Cette vois raisonnait en elle comme un appel, un hurlement. Alors qu’elle baissa ses yeux sur son poignet encore légèrement emprisonné par les mains douce mais ferme du jeune homme, elle ferma les yeux un instant. Depuis combien de temps ne s’était-elle pas transformer ? Elle ne se souvenait plus… A chaque fois, c’était compliqué. Se transformer imposait énormément de contraintes. Déchirer ses vêtements, se retrouver nue, ne plus savoir où on est, mais surtout : ne plus avoir le contrôle de soi. Bien que sous forme animale, Kazuha se sentait surpuissante, une part d’elle  s’inquiétait. Chaque soir, elle espérait pouvoir maintenir l’équilibre bancal qu’elle avait su trouver. Pourtant, depuis quelques temps, elle se sentait mal. De plus en plus mal. Elle avait peur de perdre le contrôle. Plus elle grandissait, plus son appétit évoluait. Consommant bientôt plus de viande qu’autre chose, elle changeait. Quelques fois, en pleine nuit, il lui arrivait de rester veiller et de regarder la forêt qui s’étendait à l’horizon de sa fenêtre. Elle se prenait à s’imaginer s’évaporer là-bas, partir, oublier tout le reste, et ne faire plus qu’un avec cette nature qui faisait d’elle un loup. Comme son père. Mais heureusement, ou malheureusement selon les points de vue, sa part d’ange la raisonnait bien souvent.

Et aujourd’hui face à lui, face à cet inconnu dont elle ne connaissait ni le statut ni le nom, elle avait peur. Pas peur de lui, non, mais peur d’elle-même. Peur de l’effet qu’il avait sur elle, peur de son impact. Il la forçait à sortir, à dépasser la frontière qu’elle s’était imposé. A chaque acte, chaque nouvelle scène, elle s’éloignait  encore davantage des limites qu’elle avait fixées. Elle ne contrôlait plus rien. Elle voulait sentir l’adrénaline, elle voulait courir, sentir le vent gifler son visage, humer le parfum du gibier qui fuyait, voir la terreur dans les billes noires qui servaient de prunelles au lièvre, elle voulait rivaliser avec le cerf comme le vampire, elle voulait se sentir invincible. Elle voulait pouvoir tous faire, avoir tous les droits. Plus de contrainte, plus de peur, plus rien. Alors qu’être un ange faisait d’elle une personne entièrement dévoué au reste du monde, elle voulait être égoïste. Rien qu’un instant.

C’est une douleur naissance au fond de sa mâchoire qui la réveilla. Elle releva la tête et de sa m ain libre, caressa la zone meurtrie. Ses dents la lançaient, comme si ses crocs voulaient sortir après cette longue réflexion. Cela lui arrivait parfois. Elle mâcha dans le vide quelques secondes et ôta sa main de manière à ne pas trop faire remarquer la douleur qui s’enflammait à l’intérieur. Ton son corps hurlait. Plus elle restait face au vampire, plus elle perdait pied. Afin de contrer son aura malsaine et attirante à la fois, ses gènes la poussaient à libérer la part la plus brute d’elle-même. Plongeant son regard dans le sien, vierge de toute émotion, elle y retrouva un bleu paisible. Quelques instants, on pouvait lire la détresse dans le regard de l’ange, la peur de se perdre soit même, l’incompréhension. Mais bien vite, à son tour, elle camoufla ses doutes d’un large sourire.

C’est sa voix pure qui la fit émerger. Alors il avouait, et il n’en n’était pas peu fier. Affichant clairement sa victoire durant ce petit jeu, il entreprit de s’excuser non sans un sourire hypocrite. Kazuha, presque vexée de s’être fait avoir si facilement, détourna le regard lorsqu’il baisa sa main subtilement. Tentant de camoufler ses joues rosies par quelques mèches de cheveux nacrées, elle s’en voulait d’avoir eu l’air si naïve. Néanmoins il n’avait pas tort : elle avait été réellement enthousiaste à l’idée de rencontrer un camarade. Mais il n’en n’était point un, désormais, tout était clair. C’était un adulte, un prédateur. Un dominant.

« J’ose esperer que tu n’as pas l’idée de faire de moi ton nouveau jouet ?»

Et alors que Kazuha aurait dû le vouvoyer, elle s’en sentait incapable, tant par idée de provocation que par habitude. Lui s’empêchait de la tutoyer, quelle idée ! Surement une éducation spéciale, pensa-t-elle. Son visage de gamine meurtrie dans son ego disparu alors qu’elle esquissait un sourire aussi mielleux que le sien. Il voulait jouer, c’était désormais limpide. Soit, cela promettait d’être amusant. Dangereux, mais amusant. Cela lui changerait les idées.

« Vous vous rendez compte du rapprochement que vous venez d'avoir avec un membre du personnel ? Ne serait-il pas mieux pour vous, autant que pour moi, que nous continuions ce petit rôle de camaraderie ? Non que me rapprocher de vous fut désagréable. »

Compliment, mensonge, jeu. Leur petit échange prenait une tournure bien concrète. Kazuha pencha la tête sur le côté, tel un animal demandant des précisions à son maitre. Ne faire comme si de rien était ? Elle se demandait comment elle allait réagir en le voyant dans le corps enseignants de l’académie. Est-ce que le directeur était conscient du personnage ? Est-ce qu’il comptait faire de chimera son terrain de jeu ? Des questions, encore des questions. Alors qu’elle allait répondre, elle entendit du bruit derrière elle. Deux étudiants descendaient en direction de la fontaine. Une ouïe normale n’aurait pu les entendre à cette distance, mais l’animorphe qu’elle était pu largement distinguer les pas des deux jeunes. Le vampire avait dû faire de même. Kazuha se retourna pour fixer du regard les deux intrus qui osaient perturber leur conversation. Séchaient-ils eux aussi la rentrée ? Peu importe. Il n’avait rien à faire là, les prunelles de l’ange semblaient s’être totalement refroidies. Et alors que les deux garçons pouvaient enfin apercevoir l’homme et l’ange, la jeune fille reporta son attention vers l’adulte. Elle fit mine d’acquiescer ses dires précédents d’un hochement de tête, un sourire narquois au coin des lèvres. Puis, dans un mouvement rapide, elle feignit de trébucher. Ce n’était pas très crédible étant donné qu’elle se tenait immobile depuis plus de 5 min, mais à la distance où étaient les deux étudiants, cela ne soulèverait aucune question. Elle fit donc une semi chute, se rattrapant au coup de l’adulte. Ses lèvres s’entrouvrirent pour laisser échapper un aïe assez fort pour se faire entendre à l’autre bout du square. Et alors, désormais pendue au cou du blond, son corps entièrement collé au sien, on aurait pu croire à un couple qui s’enlaçait. Cette proximité ne la mit point mal à l’aise, au contraire, elle était plutôt fière d’elle. Alors que ce dernier parlait de rôle de camaraderie, elle osait s’afficher aux yeux des étudiants dans les bras de l’adulte. Alors que ses lèvres effleuraient son oreille, elle osa un petit rire, très léger, audible seulement pour le vampire. Elle se doutait bien que les deux jeunes, gênées de venir troubler un semblant de couple, notamment avec un personnage trop adulte pour être élève, fuirait le square. Comme pour narguer le vampire, si fier de s’être jouer d’elle auparavant, elle lança, sans se décoller.

«  Je pense que tu as raison. Il vaut mieux ne pas éveiller de soupçons, dieu sait comme les étudiants se font vite des idées, n’est-ce pas … ? »

Son ton ironisait parfaitement la situation. Et alors qu’elle était heureuse d’avoir réussi son coup, elle prit enfin le temps d’apprécier leur échange. Qu’il repousse la gamine qu’elle était, elle s’en fichait pas mal. Elle se contenta de savourer le moment. Son corps était froid, dur mais réellement confortable. Sa main encore emprisonné dans la sienne, elle appuya davantage son menton sur son épaule, oubliant presque la douleur de sa mâchoire. Elle glissa les doigts dans les siens, recula légèrement son corps afin de mieux le voir. Plongeant dans l’abysse azuré de ses prunelles, elle attrapa la main du jeune homme et vint la placer sur ses hanches. Un sourire  espiègle décorant ses lèvres rosies, elle réussit à tenir la posture qu’elle souhaitait. Ainsi, de loin ,on aurait pu croire qu’ils allaient entamer une valse. Et c’est ce que Kazuha fit. Discrètement, lentement, elle bougea timidement ses jambes. Ce n’était que du surplace, mais  de ce mouvement émergeait une image dansante. Et pour compléter le tout, elle se mit à fredonner un air doux,  presque mélancolique, afin d’accompagner leur mouvement. Et c’est dans cette atmosphère étroite, face au prédateur, que la louve acheva sur une voix qui contrastait totalement avec le scene. Pleine de defi, rayonnant de fierté, elle conclu à voix haute :

« Tu perdras »

Je te suis supérieur, finalement.







✻✻✻
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Nathanaël Lior
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Dim 27 Sep - 19:51

... Je ne suis pas le dernier.

Il pouvait la sentir frémir entre ses doigts. Ce poignet si fin dans sa main, il le sentait tressaillir alors que la malheureuse réalisait face à quel monstruosité elle était. Nathanaël ne la lâchait pas des yeux, il les baladait sur tout le corps de sa proie, fixant le moindre détail, le moindre geste, le moindre réflexe. Et le regard qu'elle posait sur le vampire lui offrait tous les indices qu'il désirait. Il ne pouvait pas toujours lire en elle, pas toujours la comprendre, mais en d'infimes instants, l'espace de quelques secondes, elle baissait sa garde et ce côté de prédatrice qu'elle ne maîtrisait guère laissait apparaître ses faiblesses et ses peurs. Là, un court instant, il avait pu le sentir. Elle avait eu peur de lui, il en était certain. Il affichait cette maigre victoire dans un très léger sourire en coin, fier, avant que cette peur passagère ne disparaisse aussi rapidement qu'elle était venue. La jeune femme le passionnait toujours autant à pouvoir changer d'attitude et de personnalité aussi rapidement. Il pouvait voir le changement en elle, sentant le combat qui devait avoir lieu en son fort intérieur juste à cause de lui, de sa présence, de ses gestes et ses paroles. Cela en était presque jouissif pour lui de voir l'effet qu'il pouvait avoir. Il ne voyait que trop souvent la peur et la crainte chez ses interlocuteurs, et manquait cruellement de surprises aussi réjouissantes que de faire face à quelqu'un osant relever son défi et entrer en collision avec sa charisme.

Déjà elle retrouvait son allure, sur d'elle, défiante, téméraire. Elle se tenait droite face au prédateur sans une once de doute et se risquait même à marcher sur des sujets sensibles. En faire son nouveau jouet ? Mais pauvre petite, elle était déjà devenu son jouet, c'était évident. L'allemand se contrefichait bien des individus faibles, qui ne font que trembler sans même tenter de se défendre, et cette école en était pleine. Par contre, les élèves avec du caractère, qui ne fuient pas les problèmes, et qui en plus de cela savent jouer au même jeu que lui, il n'y en avait que de très rares perles. Dont elle faisait désormais partie. Et il était hors de question qu'il ne la lâche de si tôt, un amuse gueule aussi précieux ne devait pas être englouti trop vite, il fallait le savourer, en profiter, savoir en tirer le meilleur. L'infirmier n'allait donc pas s'en privé.

« Je crains qu'il soit trop tard, mademoiselle. »

Avait-il alors affirmer, sans camouflage, avec toute l’honnêteté dont il pouvait faire preuve quand il le voulait, comme pour allumer un peu plus flamme et créer des étincelles bien plus vives que les précédentes. Il fallait qu'elle sache. Qu'elle connaisse sa place dans la vie du vampire, qu'elle connaisse la situation dans laquelle elle se trouvait pour qu'elle puisse livrer pleinement combat. Il en était fini des cachoteries et des coups de poker, le prédateur ne désirait qu'un combat de corps sans mensonge et livré à cœur ouvert. Ce duel sans masque allait s'entamer, le vampire était prêt à bondir assener à sa victime son premier coup quand des bruits de pas contre les pavés du jardin le perturbèrent. Comme semblait également l'avoir remarquer l'ange impure, des jeunes gens s'approchaient d'eux et le vampire venait de relever les yeux pour mieux les observer et tenter de les en dissuader d'un simple regard qui voulait tout dire. Mais il n'eut le temps de croiser les yeux des malheureux que la demoiselle se trouvant face à lui fit mine de lui tomber dans les bras. Surprit, prit au dépourvu, l'allure de prédateur qu'il avait gardé jusqu'à présent s'estompa quelque peu alors qu'il avait eu le réflexe de rattraper la jeune femme. Se main tenant plus fermement son poignet et l'ayant relever pour éviter qu'elle ne tombe, et son autre main étant venu lui saisir le bas du dos pour le tenir debout contre lui. Elle avait pris ses aises sans qu'il n'y prête attention, sans même qu'il ne s'en soit douté, jusque son petit ricanement ne vienne chanter à son oreille. Là il comprit qu'elle était déjà dans la partie, que le duel avait bien commencé mais que ce n'était pas lui le premier attaquant mais bien le petit bout de femme. Intéressant. De plus en plus intéressant. Son air déconcerté disparut très vite pour laisser à nouveau place à cette assurance qui définissait si bien l'allemand, un sourire charmeur et à la fois charmé ayant s'étant allongé sur ses lèvres, il baissait le regard pour moi observer sa proie se dandiner devant lui.

Nathanaël prenait ses aises, abaissant la tête pour mieux se rapprocher du visage de la jeune femme, adoucissant sa pogne qui tenait son délicat poignet, lui caressant quelque peu le dos dans un légère étreinte, il participait au jeu qu'elle venait d'instaurer. Ses lèvres effleurant son oreille, il écoutait sa remarque sans trop y prêter attention, ricanant intimement en relevant le regard vers les curieux qui ne savaient comment réagir à un tel spectacle. Surement que le regard peu rassurant du vampire ajouté à l'embarras de la scène leur suffiraient à faire demi tour. Le voyant reculer, le blondin se contenta de ricaner d'autant plus en enfouissant son nez dans la chevelure nacrée de la proie qui s'offrait à lui.

« Ceux-ci semblent avoir vécu une bien trop grande surprise pour nous faire une quelconque propagande. Si ce n'est pas dommage. »

Son ton était grave, masculin au possible, alors qu'il contenait assez sa voix pour qu'elle soit intimement offerte à la petite ange, ou du moins celle qui l'était à moitié. Mais cette proximité à peine naissante s'évanouissait déjà, les deux corps se séparant pour mieux se contempler. L'allemand se faisait plus joueur qu'en début de matinée, mais également plus tendre, moins bestial. Il avait cessé de vouloir l'apeurer, ayant déjà assez expérimenté ses réactions à la pression qu'il était capable de mettre. Il désirait plutôt un nouveau tournant pour cette nouvelle partie, et la demoiselle l'enchantait de plus en plus à le surprenant sans cesse. Il ne comprenait pas cette pose dansante, il ne savait pas où elle voulait en venir, mais il se laisser faire, se laissant aller, profitant plutôt d'avoir trouver quelqu'un qui osait s'aventurer auprès de lui, qui osait le toucher. Une main sur la hanche de la plus jeune, la dernière tenant avec toute la délicatesse possible celle de l'étudiante, le blondin la toisait, l'admirait presque, tandis qu'elle entamait une très légère valse sans même se déplacer. Il en était amusé, toujours sans comprendre où elle désirait en venir, mais il aviserait. Il laissait ses bras et ses mains suivre le mouvement lent de la jeune femme alors que celle-ci prenait une nouvelle fois la parole. Deux mots, deux simples mots qui tranchèrent l'atmosphère plus fraiche et plus douce que plus tôt. Le vampire se fit silencieux, ne sembla même pas avoir entendu ses dires, jusqu'à ce qu'un sourire en coin vint assombrir son visage faussement angélique. Lui même se mit à bouger, enserrant un peu plus la taille de la demoiselle, la forçant presque à se coller contre lui, il se mit réellement à valser dans une lenteur aérienne, avec des pas très rapprochés mais qui suffisait à les faire tourner sur eux-même. Venant effleurer sa joue de la sienne, il eut un léger soupire contre son oreille, soupire qui se voulait rapide et qui laisser transparaître son amusement, presque son enthousiasme alors que la fin de cours de la matinée venait d'arriver et que plusieurs étudiants semblait arriver dans les jardins, ce que le vampire n'avait pas manquer de remarquer.

« C'est bien triste que vous le pensiez. »

Il se décolla d'elle soudainement, leurs deux corps s'éloignant sans que leurs mains ne se lâchent, il la toisa un moment dans un ricanement qui ne présageait rien de bon et vint lui faire perdre l'équilibre pour qu'elle tombe légèrement en arrière, venant la soutenir de sa main qui n'avait pas lâché ses reins. Elle était dans ses bras, ne pouvait s'enfuir et n'avait le temps de réaliser ce qui lui arriver, que le prédateur se penchait déjà sur elle, son nez froid frôlant le sien avant que ce ne soit ses lèvres glacées qui viennent se déposer contre les leurs jumelles bien plus chaudes. Devant les premiers étudiants arrivés aux abords du square, Nathanaël ne se gênait pas pour embrasser la proie qu'il tentait d'attraper depuis le début de la matinée. La tenant contre lui et emprisonnant une de ses mains, elle allait avoir du mal à se débarrasser de lui, ce monstre imposant que avait bien plus d'une flèche à son arc. Le contact de leur bouche fut assez rapidement bien que cela avait pu lui paraître une éternité tant il s'était délecté de sa chaleur, de sa douceur en un simple baiser. Il recula son visage, libéra ses lèvres alors que les siennes affichaient déjà un sourire vainqueur et carnassier, ses iris brillants de malice et de charme, il gardait la demoiselle en déséquilibre le temps de lui faire comprendre qu'il ne serait pas si simple de le déstabiliser ou ne serait-ce que lui pourrir sa journée ou sa réputation qui n'était plus à faire. Il plantait son regard dans le sien sans aucune gêne, avec toute l'audace et toute l'assurance dont il était capable, il cherchait à l'écraser à lui montrer que face à lui elle n'était rien de plus qu'un petit oiseau qu'il pourrait très bien engloutir sans scrupule, et il ricanait de plus belle en gardant cette proximité embarrassante entre leur visage.

« Malheureusement pour vous, dans le jeu de l'audace je ne suis pas le dernier. »

Il releva alors les yeux, quittant la belle jeune femme du regard pour mieux observer les quelques étudiants choqués qui venait d'assister à la scène. Le vampire se redressa alors, emportant l'étudiante avec lui pour la remettre droite sur ses pieds, il lâcha son dos pour que cette main glacée mais pleine de douceur vienne glisser sur le cou, la mâchoire et la joue de sa très chère proie, lui tenant alors le visage.

« Nous verrons demain si notre petit jeu leur a plu. Avec un peu de chance, vous apparaîtrez dans le journal de l'école. N'est-ce pas un merveilleux départ dans votre vie étudiante que de commencer ainsi, dès votre premier de jour ? »

Une voix claire et cristalline pour ne raconter que des atrocités, des spéculations infondées, mais qui l'amusait énormément. Elle n'avait pas voulu participer à la rentrée ? Très bien, il lui en faisait payer le prix, tout en profitant de ce petit jeu qu'elle avait elle-même mis en place. C'était si jouissif qu'il lui aurait bien volé à nouveau les lèvres dans le seul but de confirmer sa victoire. Mais il se contenta de la fixer, plongeant dans son regard céleste, à la recherche de la moindre petite réaction, de moindre changement d'humeur, n'attendant que de voir sa réaction mais surtout comment elle allait à nouveau tenter de prendre le dessus sur lui. Ou alors avait-il réellement gagné ? Il trépignait d'impatience de connaître le résultat. Elle avait voulu le mettre dans l'embarras, lui déglinguer sa réputation de membre du personnel ? Mais savait-elle seulement qu'il n'en avait que faire et qu'il était près à s'envoyer lui même en enfer pour une bonne partie de chasse ? Elle devrait s'en rendre compte.


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Kazuha Okamichi
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Jeu 1 Oct - 16:59


Un très bon professeur     



Kazuha
Nathanaël


Il avouait. Il avouait pleinement prendre Kazuha pour son jouet, son objet. La blonde frémit, un frisson lui parcourant la colonne vertébrale le temps d’une seconde. Comme quelques secondes plutôt, elle réalisait quel personnage se tenait en face d’elle. Et pourtant, le manège infernal se remettait en route. Kazuha, comment fais- tu pour être si changeante ? La demoiselle avait beau avoir peur de lui, peur de cette relation qui semblait s’intensifier, peur de ce qu’il projetait de faire, elle n’en restait pas moins exciter. Non pas qu’elle ait un léger penchant pour les relations de type maitre-esclave, mais simplement qu’elle avait hâte de voir ce qu’il allait lui réserver. Elle se doutait bien que sa nature de vampire ne lui inculquerait aucune bonne intention, mais elle ne pouvait s’empêcher de frissonner d’impatience. Il fallait la comprendre. La demoiselle venait de rencontrer la premier adulte non-humain de sa vie. Le premier vampire. Le premier monstre. Elle se sentait euphorique. Elle voulait le toucher, rester en sa compagnie, le tester, le tenter, le combattre, le charmer. Elle voulait tirer de lui toutes les informations possibles, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus assouvir sa soif de savoir. Et voilà qu’il avouait l’avoir déjà prise dans ses filets. Un sourire émergea au coin de ses lèvres, alors qu’elle baissait les yeux. Oui, au fond, elle se sentait presque privilégier. Folle ? Non, loin de là. Le jeune homme était un délice pour les yeux et les oreilles. Et bien que totalement effrayant, la louve se sentait surpuissante à ses côtés. Comme si uniquement de par son aura, il faisait ressortir le meilleur de Kazuha. Ses gênes se réveillant, son sang bouillonnant, tout son métabolisme s’activait. Elle ne s’était jamais autant sentie vivante que face à lui. Elle était sure d’elle, rien ne pouvait l’arrêter. L’espace d’un instant, elle se demanda si une fois loin de lui, tout cet engrenage s’effacerait ? Est-ce que cette sensation d’effroi et d’excitation s’évaporerait ? Dans ce cas, cela deviendrait problématique, car la jeune fille pourrait facilement en devenir dépendante. Encore une fois, elle rejeta cette question dans un coin de sa tête, préférant y penser ce soir, dans son lit. Lorsque la raison l’aurait enfin reconquis.
Ah sa grande surprise, il la rejoint dans sa valse. L’étudiante redressa la tête pour le toiser à son tour. Combien de temps avait-elle passé, perdue dans l’océan de ses yeux ? Hypnotique, elle resta silencieuse. Seul les mots qu’ils prononçaient vinrent jusqu’à –elle. Elle avait la sensation d’être coupé du monde. Seule, face à lui, une danse entre adversaire. Kazuha ne put s’empêcher de sourire à nouveau, un sourire presque enfantin. Dans ses bras, elle n’assimilait plus grand-chose. Les autres élèves, la rentré, chimera même. Le bleu de ses yeux la fit tout oublier. Avait-il déjà dansé avec d’autres femmes ? Avait-il souvent eu l’occasion de valser comme cela ? Certainement oui, mais Kazuha avait un millier de question. Sentait-il son pou s’accélérer  Savait-il quel sang de bête coulait dans ses veines ? Avait-il envie d’y gouter à nouveau ? Comment se nourrissait-il ? Savait-il se contrôler ? Sa nature l’empêchait-elle de nouer des liens étroits ? Tant de question. Et l’ange le détaillait, chaque seconde, pour tenter d’y répondre. Alors que son esprit était occupé par ses réflexions, et que son corps était attiré par celui de l’homme, Kazuha se sentit basculé en arrière. Le vide la surprenant, elle ferma les yeux une demi-seconde pour les ouvrir un peu plus tard. Oui, pour les ouvrir, lorsque quelque chose vint toucher ses lèvres. Incrédule, battant des paupières à plusieurs reprises, elle ne sut comment apprivoiser ce contact. Elle… elle ne savait que faire. Il l’avait désarçonné, complètement éjecter de son champ d’attaque. Et loin de son environnement familier, la blonde était perdue. Car il franchissait des limites infranchissables, oui. Kazuha ne savait pas quoi faire car c’était pour elle son premier baiser… Elle eut l’impression que le temps avait ralenti, lui laissant une marge pour se concentrer sur l’action en cours. Ses lèvres touchaient celles de quelqu’un d’autres pour la première fois. Elle ne comprenait pas pourquoi, elle ne comprenait plus rien. Et alors qu’elle sentit le contact se rompre, elle ferma les yeux une demi-seconde, s’abandonnant à lui. Elle savait qu’elle se mettait à découvert ainsi, mais elle ne contrôlait plus rien. Elle avait été prise à son propre jeu. Et alors qu’il la redressait, fier de sa riposte, la blonde était inexpressive. Zombifié, amorphe devant ce qui venait de se passer, elle ne savait comment réagir. Elle écouta ses paroles sans grande attention, trop perturbée pour pouvoir répondre quoi que ce soit. Son regard dans le vide, elle ne bougeait pas. La seule réaction visible chez elle… n’était autre que ses ailes. Déployés dans son dos, déchirant son haut, elles s’étendaient de tout leur long. Des ailes de plumes grisâtres, encerclant Kazuha et le terrible inconnu, formant une espèce de cocon autour d’eux. Les ailes de la demi-ange ne pouvant être blanche comme celle du sang pur, c’était un gris clair un peu sales qui tachaient le dos de la blonde. Cette dernière émergea enfin, et se retourna. Lui faisant dos, ne pouvant affronter son regard alors qu’elle était a découvert, elle fuyait. Dos tourné, affichant une vue imprenable sur les deux grandes ailes et son t-shirt légèrement décousu. Kazuha ferma les yeux, et s’appuya sur le banc. Mon dieu. Que s’était-il passé. Elle venait d’embrasser quelqu’un. Un homme. Non, un vampire. Qui plus est, un membre du personnel de l’école. Ses joues s’empourprèrent et tout son corps se mit à bruler. Elle avait chaud, elle avait honte. Comment avait-elle pu le laisser agir. Comment avait-elle pu baisser autant sa garde. Kazuha s’en voulait. Elle se mordait la lèvre nerveusement. Comment rattraper ça. Comment se retourner, comment lui faire face. Ses ailes n’arrangeaient rien. Terne, Kazuha n’en avait que plus honte. Dépourvu d’auréole et d’aura lumineuse, le petit ange se sentait bien vilain. C’est pourquoi la louve évitait de trop sortir ses ailes, et ne le faisait que rarement. Voire jamais. Et, voilà qu’en plus de l’avoir embrasser, il l’avait surprise au point de matérialiser ses ailes. Ses dernières étaient encore apparentes, mais pliés dans son dos, de sortes à prendre moins de place. Elle voulait se cacher, creuser un trou et ne jamais en ressortir.
Mais alors qu’elle avait honte, honte de s’être fait avoir et honte de dévoiler sa nature ainsi, elle réalisa quelque chose d’important. Il ne fallait le laisser gagner. Il ne fallait lui laisser le dernier mot. Si jamais elle s’enfuyait, il prendrait la chose pour acquise. Et ça, oh non Kazuha ne le tolèrerait pas. Ainsi, prenant son courage à deux mains, elle se retourna. Les joues encore rosies, elle croisa les bras sur sa poitrine, tant pour montrer sa désapprobation que pour tenir son haut qui n’était plus très adéquate. Après s’être éclaircit la voix, elle lança d’un ton qui manifestait bien son désaccord :

▬  Si j’étais une fille ordinaire, je t’aurais certainement retourné une baffe.

Elle se fichait pas mal du monde autour d’eux, elle se fichait pas mal de tout enfaite. Seule comptait la victoire. Et alors que cette idée lui traversait l’esprit, son visage effarouché reprit ses traits d’antan. Elle afficha une mine fière et radieuse, triomphant à l’avance. Elle se rapprocha alors de lui, réduisant à nouveau l’espace qui les séparait. Sa mâchoire la faisait encore souffrir, certainement due à l’aura de vampire. Sa nature de bête voulait ressortir, elle aussi. Mais Kazuha se mordit la lèvre, et garda le contrôle d’elle-même. Enfin, réduisant la distance qui séparait leur deux corps à néant, elle se colla à lui. Passant une main dans ses cheveux platine pour leur donner un peu d’ordre, elle cherchait le contact. Après tout, il l’avait initié, alors pourquoi le rompre. Ses prunelles azur vinrent se perdre dans celle du prédateur, et d’une voix suave imitant la sienne, elle ajouta.

▬ Mais comme tu as pu le constater, je ne suis pas une fille ordinaire

Et alors qu’elle se sentait dominante, son cœur battant la chamade, elle garda une respiration calme. Le fixant, attendant le bon moment, elle vint rompre l’écart entre leurs deux lèvres. Après s’être mordu discrètement la lèvre inferieur de ses crocs de louve, elle colla sa bouche à la sienne. Novice mais effronté, Kazuha l’embrassa. Elle garda les lèvres closes quelques secondes, avant de les entrouvrir et de forcer le barrage de celles du jeune homme. Ainsi, la plaie pu déverser le sang qu’elle rejetait dans la gorge du vampire. Amusée, sure d’elle et téméraire, elle s’était consciemment blessé pour échanger un baiser particulièrement ensanglanté. Elle sentait elle-même le liquide chaud et après s’évacuer. Et comme pour contraster avec la scène terrifiante qui se déroulait, les ailes de Kazuha vinrent les entourer. Camouflé, confiné dans cet espace de plume, elle s’assurait que tout cela resterait à l’abri du regard. Non pas par gène. Mais simplement parce que quelque chose de secret attise toujours plus la curiosité. Ainsi, ce qu’il pensait être qu’une rumeur deviendrait bientôt le sujet principal de toute l’académie.
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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Sam 17 Oct - 16:50

En effet.

Des ailes. Le vampire en fut lui-même surpris. Pourtant il le savait, il connaissait la nature de celle qu'il avait choisi comme nouvelle proie, mais il ne s'était pas attendu à un tel spectacle. Il s'était redressé pour profiter de la vue, profiter de la beauté qu'elle lui offrait, comme si le temps s'était arrêté l'espace d'un instant, il se sentait complètement charmé par cette nouvelle apparence qui n'avait rien d'humain. Il avait déjà eu la chance d'être confronté à plusieurs anges, même à des purs sang, mais jamais il n'avait eu l'occasion de voir de ses propres yeux l'apparence majestueuse qu'ils pouvaient prendre. Alors que lui était bloqué dans ce corps monstrueux, cette coquille charmante qui cachait bien des horreurs, il ne pouvait qu'être ravagé par l'émotion d'assister à une telle rareté. En une simple matinée, cette petite impure lui avait offert tellement de chose. Nathanaël se sentait même très fier d'être la cause de l'apparence de ces rougeurs sur ses joues alors qu'elle se retournait par embarras. Il était la cause de son mal être, la cause de cette splendeur sur son visage. Car oui, il l'a trouvait ravissante à vouloir se cacher ainsi de son regard insistant. Les rougeurs d'un être bien vivant, le tambourinement d'un cœur à pleine vitesse comme il aimait les entendre, un souffle court et tremblotant. Tout ce qu'il aimait.

Il se surprit à la laisser reprendre ses esprits, lui qui d'ordinaire n'hésitait pas une seconde à profiter des faiblesses de ses proies pour les achever définitivement, il ne voulait rien brusquer avec celle-ci. Elle était précieuse, rare. Comme un poupée de cristal, il comptait bien en prendre grand soin. Mais peut-être était-il déjà allé trop loin ? Peut-être avait-il déjà cassé son nouveau jouet ? Non, il espérait que non. Et il se doutait que non. Il se souvenait de son audace, de la force qu'il pouvait par moment lire dans son regard de petit prédateur, mais surtout de cette particularité qu'elle avait à le surprendre à chaque fois qu'il la pensait vaincue. Ce n'allait pas être un simple baiser qui allait la mettre hors jeu. Il s'en doutait. Et il le désirait tellement. Continuer la partie, continuer ce balais de puissances, continuer de la pousser au delà de ses limites, continuer d'observer ses réactions. Ces désirs ne serait pas assouvis de si tôt. Rares étaient les cibles assez fortes pour jouer avec lui, là qu'il en tenait une, il lui était presque vital de la garder entre ses mains, entre ses bras, de la garder contre lui sans qu'elle ne puisse s'échapper. Un sentiment de possession commençait à naitre dans la poitrine du vampire alors qu'il la regardait se retourner à nouveau face à lui en cherchant son courage. Il ne la quittait pas des yeux, observait ses gestes, ses regards, tentait de deviner ses pensées, ses actions à venir. Et plus elle lui offrait du défi, plus il avait envie qu'elle ne soit qu'à lui.

Le vampire se redressait, un sourire de victoire sur le visage, il toisait la malheureuse qui lui faisait à nouveau face. Se perdant dans son regard céleste, il était pendu à ses lèvres. Il ricana à ses paroles, ne regrettant nullement ses actes même s'il avouait qu'il aurait mérité la dite baffe. Mais ce n'était pas aussi simple. Ils n'étaient pas dans un jeu de jeunes tourtereaux effrontés, mais bien dans un combat dont le perdant serait blessé à jamais. Il ne se voyait pas perdre, il ne le supporterait de toute façon pas, jamais il ne courberait l'échine face à qui que ce soit. Bien que se mettre à genoux devant la magnificence de cette jeune ange ne lui aurait pas tellement déplu, il ne s'avouerait jamais vaincu. Tous ses défis il les avait gagné. Tous ses perdants il les avait achevé. Et ce n'était pas l'insolence d'une jeune demoiselle qui allait le faire flancher. Bien qu'il devait l'avouer, cet air fier et surpuissant qu'elle prenait ne pouvait que l'impressionner également. Il était si rare de rencontrer des personnalités aptes à jouer, aptes à se battre, presque aptes à gagner. Elle était réellement précieuse, pensait-il alors qu'il refermait naturellement ses bras sur elle quand elle vint se coller contre lui. Tout bonnement, selon les règles de la partie, il se débridait et se laissait valser dans le combat avec la belle petite ange. Il frissonnait sous son contact. Il sentait un grognement carnassier naitre dans sa gorge alors qu'il se retenait de ne pas l'emprisonner à jamais contre lui. Il se contentait d'enserrer sa taille d'une poigne à la fois robuste et pleine de délicatesse. Assez forte pour qu'elle comprenne dans qu'elle état elle le mettait, assez douce pour lui rappeler qu'il gagnerait la partie avec dignité. Poigne qui se resserra un peu plus à l'écoute de la voix enjôleuse de la demoiselle, alors que le blondin lâchait un ricanement de satisfaction qui ne présageait rien de bon. Une de ses mains remontait sur le flan de la jeune femme alors que l'autre glissait sur ses reins, comme s'il avait entendu la suite de la partie, il prenait possession d'elle pour mieux qu'elle prenne possession de ses lèvres, libérant enfin ce grondement sourd plein d'envie. Envie de vaincre, envie de la gouter, envie de la posséder. C'était une magnifique partie de chasse qui le mettait dans tous ses états. Les lèvres timides contre les siennes redonnaient un peu de chaleur à ce corps de glace qu'il devait supporter, sentir le corps entier de l'ange contre le sien lui redonner l'impression de vivre, il oubliait presque le cadavre monstrueux qu'il était devenu. Jusqu'à ce qu'il n'ouvre les lèvres. Jusqu'à ce que la danse quelque peu hésitante entre leur langue ne commence. Jusqu'à ce que ces quelques gouttes pourpre ne viennent lui chatouiller les papilles. Il avait fermé les yeux sous la tendresse de leur contact, mais ne put se retenir de les rouvrir de surprise, à la recherche d'une explication sur le visage angélique et pourtant triomphant de sa victime. Se rendait-elle compte de ce qu'elle faisait ? Se rendait-elle compte que ses instincts de chasse étaient déjà tous assez en alerte comme cela ? Qu'elle allait trop loin ? Non que cela dérangeait l'allemand, cela ne rendait la partie que plus plaisante pour lui. Mais elle risquait de regretter ses choix, de se bruler les ailes. Non. Il se trompait. Et il le savait en plus. Elle n'était pas inconsciente, elle ne regretterait rien, c'était certain. C'était le challenge qu'elle recherchait, donner un peu plus de piquant à cette bataille acharnée dans laquelle ils s'étaient tous deux lancés, corps et âme. Elle ne faisait que mettre cartes sur table, un tapis décisif qui ne manquait pas de désarçonner le vampire, comme de le satisfaire. Il jubilait. Profitant de ce baiser sanglant il ne pouvait tout de même s'empêcher d'étirer un sourire rassasié sur ses lèvres qu'il délivra de celle de la jeune femme un court instant. La main qui parcourrait son dos s'était étendue jusque sur sa nuque, laissant ses doigts grimper lentement dans la chevelure nacrée de l'ange, il la forçait à lever la tête vers lui, la forçait à le regarder, reprenant ce rôle de dominant qui lui allait si bien. A lui, ce vampire qui ne cessait d'être de plus en plus charmant pour mieux la berner, de plus en plus puissant pour mieux se l'approprier. Son nez touchant le sien, elle pouvait assister de près au changement qui avait lieu en lui. Le regard vissait dans le sien, elle ne pouvait pas les louper, ses iris qui partaient à nouveau danser dans des coloris changeants. Le bleu glacial se fit d'autant plus clair, se tintant doucement dans les tons lavande, il navigua un instant dans un camaïeux de mauve, vira au pourpre et se figea dans un rouge écarlate, brillant de mille feux, un regard brulant qui laissait comprendre l'état d'esprit de la bête. Non, il n'était pas en perdition. Non, il ne se laissait pas gagner par ses pulsions meurtrières. Cette fois-ci, il désirait réellement devenir ce prédateur qu'il prétendait être depuis le début. Adieu la pointe d'humanité qu'il tentait toujours de garder, il assumait désormais l'être répugnant qu'il était devenu. Carnassier, assoiffé, désireux, sans aucune limite. De son sourire victorieux s'évada sa langue qui vint caresser avec une sensualité sans pareil la lèvre meurtrie de sa si sublime victime, grognant sous le parfum délicieux qu'elle dégageait.

« En effet. »

Elle n'était pas une fille ordinaire. Elle n'était pas une proie ordinaire. Et ne serait pas traitée comme tel. A peine sa voix grave avait terminé de résonner entre leur visage, il reprenait déjà possession de ses lèvres, reprenant le balais qu'il avait abandonné, sans retenu, avec envie. Il laissait sa langue caresser sa jumelle, ses doigts agripper les mèches claires de la demoiselle, son bras libre enserrer la taille de sa victime, la pressant contre son corps robuste et glacé, il ne lui permettait plus la fuite. Était-ce la délicate saveur du sang de l'ange qui lui donnait cette force, cette hargne, ce désir ? Peut-être. Car il perdait rarement la tête ainsi. Il savait ce sang succulent dangereux, il savait qu'il jouait avec le feu autant qu'elle jouait avec lui. Il espérait que son croisement jouerait en sa faveur, croisait les doigts pour que ce calvaire ne recommence pas. Et en même temps, finir prisonnier de cette proie qu'il désirait temps à ce moment, ne le dérangeait pas. Comme il était enivrant de sentir le fin filet de ce nectar tant convoité. Tellement que ce simple baiser, tout aussi passionné était-il, ne lui suffisait plus. Il profitait de ses lèvres, profitait de ce contact bouillant qui lui faisait perdre la tête, mais il désirait plus. Autant que sont côté masculin se faisait plus hardi, son côté prédateur contenait de plus en plus de désir pour cette perle rare qu'il tenait fermement contre lui, qu'il caressait sans plus aucune gêne, plus aucune barrière. Sa main trouva la sortie de cette chevelure soyeuse pour mieux continuer son voyage sur la peau chaude et douce du minois qu'il ne cessait d'embrasser, écartant ses mèches il se risquait à l'observer sous ses baisers, ne la trouvant que plus désirable à chaque seconde qui s'écoulaient. Il quittait sa bouche, la laissant reprendre son souffle suite à cette attaque dansante qui avait rougies ses lèvres, il l'embrassait au coin de celles-ci, déposait des baisers doux mais ardents sur son visage, toujours plus désireux de gouter cette peau sucrée qui ne cessait de l'attirer. Ses lèvres qui tiédissaient déjà embrassèrent sa mâchoire, son oreille, entamant une lente descente dans son cou. Une de ses mains froides se glissait contre le corps brulant de la jeune femme, lui caressant le dos, les hanches, remontant sur la taille en passant sous le tissu pour mieux profiter de la chaleur de sa peau. Le vampire grognait de plaisir, ne pouvant s'empêcher de passer sa langue sur la peau de sa gorge, il lui fallait l'étape supérieure du jeu.

Nombreuses avaient été ses victimes. Nombreuses furent celles à recevoir plusieurs morsures de sa part. Mais rares étaient celles qu'il mordait avec autant de proximité, autant de désir. Une morsure dans le cou, au creux de la chaleur, contre le visage de la proie, sa poitrine contre son torse, ses épaules entourées de ses bras, il se donnait rarement l'occasion de le faire, ne mordant généralement que pour montrer sa supériorité, assouvir sa soif urgente, un poignet suffisait amplement. Mais cette jeune demoiselle, cette ange impure, lui faisait tellement perdre la tête, l'enivrait tellement, le plongeait dans une telle transe, qu'il ne pouvait faire autrement que de prendre soin d'elle. Comme si elle était son trésor, faite de cristal qu'il risquait bien de briser en mille morceau, il se faisait plein de tendresse, contrôlant sa puissance de bête avec une facilité étonnante, ses mains, bien que féroces, caressaient la peau de la jeune femme avec tellement de douceur, de sensualité, il l'a serrait contre lui avec force mais avec tant de tendresse qu'il était difficile de croire qu'elle n'était qu'une proie qu'il venait de faire prisonnière. Ses lèvres s’entrouvrirent, laissant un léger souffle froid caresser sa gorge alors que ses crocs s'allongeaient, de plus en plus longs et aiguisés, il écartait les mâchoires et enfin, dans une douceur que l'on ne lui soupçonnait pas, il lui infligea cette douleur brulante de la morsure assoiffée de sang du prédateur qu'était l'infirmier. Il serrait de plus en plus le petit corps de sa victime contre lui, comme pour lui faire oublier son mal, lui rappeler sa présence, sa tendresse, ses caresses, alors qu'il n'était réellement qu'un monstre désireux de son essence de vie. Déjà les premières goutes tant désirées, Nathanaël, les yeux clos, ne pouvait s'empêcher d'exprimer son plaisir, soupirant longuement comme le gémissement sourd d'un désir assouvi, il pouvait enfin se délecter de cette sucrerie qu'était le sang de l'ange. L'arrière gout ne lui venait plus en bouche tant il profitait de ce flot de bonheur, se sentant frissonner de tout son être, ses mains empoignant un peu plus le corps de l'étudiante pour mieux profiter d'elle.

Regrettait-elle son audace ? Craignait-elle de mourir entre ses mains ? Peut-être. Il n'y pensait plus. La partie ne comptait presque plus pour lui tant il était ailleurs, jouissant de ce nectar affriolant, rien d'autre n'importait plus que son plaisir. Ses lèvres profitait de son sang, ses mains profitaient de la douceur de sa peau, continuant ses caresses appuyées, désireuses de toujours plus, il n'était qu'une bête qui désirait dévorer sa proie toute entière. Peu importaient les regards, peu importaient les racontars. Plus rien n'avait d'importance. Ils n'étaient que deux, eux deux, et cela lui suffisait, comme s'il avait pu assouvir cette envie de ne l'avoir que pour lui, de la posséder, il marquait sur sa peau son apparence, sans aucune retenue. Elle n'avait été qu'une rencontre, qu'un défi, qu'une proie, qu'un jouet, mais devenait, à chaque seconde, quelque chose de plus en plus précieux.


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MessageSujet: Re: Toujours se méfier des apparences // Libre   Jeu 29 Oct - 15:48




Du vide. Kazuha était pleine de vide, oui. Du vide qui emplissait ses membres, contractait ses muscles, vibrait dans ses veines. Elle ne ressentait plus rien. Plus rien mis à part cette chaleur entre ses lèvres. Comme elle s’y attendait, le jeune homme répondit plutôt favorablement à cet échange. Elle ne sut réellement si cela était dû au baiser échangé ou au fluide qui s’y mêlait, mais cela semblait avoir marqué l’individu. Enthousiaste, avide, il l’attira plus près de lui. Contacte qu’elle ne refusa pas, bien au contraire. Alors qu’elle se sentait flotter dans un cocon de tendresse, une chaleur imprévisible et nouvelle vint réveiller son bas ventre, et bientôt tous son corps. Le vampire retira douloureusement ses lèvres, alors que Kazuha entrouvrait à peine les yeux, encore bercé par ce baiser. Rapidement, il vint couvrir son corps de douceur. Promenant ses lèvres sur sa peau, faisant courir ses doigts un peu partout. Kazuha se sentait faillir. Elle n’avait plus aucun contrôle. Ton son corps s’était focalisé sur celui de l’homme, tous ses membres agissaient en fonction de lui. Elle se cambrait sous ses mains, se courbait sous ses baisers, et ronronnait timidement lorsque sa langue venait à son tour danser. Elle était perdue. Elle n’avait jamais connu de telle sensation. Sa peau la brulait, ses lèvres la peinait, et ses mains cherchaient inlassablement son contact. Les yeux clos, elle s’abandonna à lui. Elle pouvait sentir son bassin venir s’entrechoquer avec le sien, ses jambes devenir plus légères. La bouche légèrement entrouverte alors que la plaie qu’elle avait occasionnée avait du mal à cicatriser, l’ange tournait de temps à autre son visage afin de lui voler un baiser. Quelle sensation incroyable. Alors qu’il la dévorait, elle se sentait en totale sécurité. Non pas qu’elle avait confiance en lui, mais simplement qu’il lui offrait un environnement doux, chaud, apaisant et excitant. Tout ce qui la comblait. Elle voulait rester entre ses bras, elle voulait entourer son bassin de ses jambes, qu’il la porte, qu’il la soulève, qu’il l’embrasse. Cela semblait si facile, plus rien d’autre ne comptait. Kazuha oublia les élèves, l’école, sa nature, et tout le reste. Seul comptait ce contact si dangereux qu’elle appréciait tant. Il fallait la comprendre. C’était comme attraper une buche incandescente. Il y avait un fort risque de brulure, mais la chaleur procurée était tellement apaisante.  Etre sous son emprise était tout simplement incroyable. Jamais elle n’aurait pu imaginer qu’une personne, qu’un individu, puisse lui faire ressentir tant d’émotions. Et alors qu’elle n’était tout simplement plus qu’une poupée de chiffon entre ses doigts froids, elle sentit quelque chose de diffèrent.

Un petit tiraillement au creux de son cou, une légère douleur, d’abord insignifiante, puis lentement présente. Qu’était-ce ? La jeune fille n’ouvrit cependant pas les yeux, bien trop envieuse de préserver ce moment. Elle promena ses mais sur le jeune homme. A tâtons, elle parcouru son dos, jusqu’à atteindre le bas de sa nuque. Puis lentement, elle attrapa ses épaules, et puis ensuite s’imager la position qu’il avait. Et surtout ce qu’il était en train de faire. Il la mordait. Ce mot résonna sans grande conséquence en Kazuha. Qu’il fasse, pensa-t-elle à première vue. C’était étrange. Cela avait beau être douloureux, la jeune fille semblait apprécier. Elle se sentait comme privilégiée. Bien sûr, elle avait conscience de ne pas être la première de ses victimes. Mais s’il était véritablement un membre du personnel, il était en train de mordre une élève, à la vue de tous, le premier jour des cours. N’était-ce pas magnifique ? Kazuha avait envie de sauter, d’hurler de joie, et de se jeter sur lui. Tant d’humeurs la traversaient. N’importe qu’elle jeune fille aurait certainement repoussé le vampire, ou bien peut-être que la plus part se laissait faire, par peur ? Mais Kazuha n’avait pas peur, non. Elle en avait envie. Elle prenait cela comme une demi-victoire. Après tout, même si elle avait perdu le contrôle de son corps, lui n’arrivait plus à contrôler sa soif. Il avait cédé. Elle l’avait fait craquer. Un sourire vint étirer le coin de ses lèvres, sourire qu’elle tenta de camoufler. Elle pouvait a tout prit garder ce contact le plus longtemps possible, rien ne devait le déranger. Puis lentement, une aura beaucoup plus sombre s’étala au-dessus d’elle. Les paupières toujours closes, elle s’en voulu. En l’imaginant abaissé à sa hauteur, complètement dépassé par son envie, Kazuha se sentit mal. Elle était la cause de ses tourments, elle était celle qui l’avait repoussé dans ses plus bas retranchements. La jeune fille passa ses bras autour de ses épaules, et l’une de ses mains vint caresser ses cheveux de manière maternelle. Elle calla même sa tête contre la sienne, le laissant faire. Elle prenait tout bonnement conscience de la nature de l’homme, si homme était encore le bon terme. Il ne semblait être qu’un amas de chair avide de sang, voilà tout. Du moins, c’était certainement comme ça que la plus part des gens devaient voir ses êtres. Kazuha culpabilisait. Elle voulait le rassurer, le prendre dans ses bras et lui chuchoter que tout irait bien. Qu’il n’était pas un monstre. Qu’elle l’acceptait comme il était. Dans un élan de lyrisme, elle était même prête à lui donner son sang quand il le souhaitait, mais surtout elle voulait le voir s’épanouir. Secrètement, Kazuha remercia le destin d’avoir fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui, et pas autre chose. Que la vie devait être dure pour un vampire. Pouvait-il s’attacher ? Est-ce que la soif l’empêchait d’aimer ? Etait-il heureux ? De nouvelles questions tambourinaient en elle, alors qu’elle ne cessait de le cajoler comme une mère le ferait pour son nourrisson. Elle se tournait ouvertement vers lui, acceptant la morsure, acceptant la marque. Si cela pouvait l’aider. Et plus le contacte était long, plus la moindre trace de challenge s’évaporait.

Néanmoins, cela commençait à être douloureux. Elle qui contenait son émoi finit par ne plus pouvoir retenir une grimace peinée. Elle passa sa langue sur sa lèvre meurtrie et ouvrit les yeux lentement. Le soleil l‘éblouit tout d’abord, sa chaleur tout autant. Mais après s’être habituée à la luminosité, Kazuha balaya de ses prunelles cyan le parc. Sa vision était trouble, elle avait beau battre des cils à plusieurs reprises, elle avait du mal à distinguer quoi que ce soit. Et plus encore, son coup la démangeait. Ses mains abandonnèrent l’étreinte et le cocon de tendresse s’évapora lentement. Elle se tenu néanmoins à lui pour garder l’équilibre. Et alors que le vampire soupirait de plaisir, Kazuha se sentait mal. Comme à son habitude, sa volonté changea. Alors que quelque seconde auparavant, elle comprenait la douleur et les maux du vampire, elle souhaitait désormais le voir se retirer. Non pas qu’elle ne le comprenait plus désormais. Simplement que quelque chose en elle la poussait à stopper cette action. Cet échange qui n’en n’était plus réellement un. Car bien qu’elle avait à demi-gagner le fait de l’avoir fait céder, elle se retrouvait désormais sous son emprise. Et ça, elle avait du mal à l’accepter. Sa part de louve ne le supportait pas. Kazuha s’était contrôler l’espace d’un instant pour la faire taire, mais alors que la douleur était plus présente, cela devenait plus compliqué. Chaque tiraillement ravivait l’animal. Ses ailes jusqu’à lors paisiblement ranger dans son dos commençaient à s’agiter nerveusement. Ses mains tremblotantes exercèrent une pression différente sur les épaules du jeune homme, lui intimidant de s’arrêter. Elle essaya même de le repousser, mais l’emprise était trop puissante. La jeune fille battit des cils une nouvelle fois, et joua des épaules pour se dérober. Rien n’y faisait. Et plus elle essayait de s’échapper en vain, plus elle se sentait oppressé. Coincée, prisonnière, elle commençait à s’agiter réellement. La bête qui ne faisait que grogner commençait désormais à japper au fond d’elle. Elle souhaitait lui dire de se reculer, mais de ses lèvres entrouvertes ne sortit aucun son. Sa gorge sèche se nouait petit à petit. Lentement, Kazuha sombrait. Elle paniquait. Elle voulait s’échapper, elle voulait arrêter. Si elle prenait en considération ses besoins malgré ce petit jeu, pourquoi n’en faisait-il pas autant ? Elle avait besoin d’air, de respirer. De s’éloigner. Ses membres endoloris la faisaient souffrir, et surtout son cou la démangeait. Mais outre le physique, son était mental était bien plus dégradé. L’humaine se satisfaisait pleinement de cette situation. Mais l’ange souffrait, et la louve  hurlait. Elle avait beau tenter de se contrôler, elle n’y tenait plus. Cela faisait déjà quelques minutes que ses ailes d’ange avaient émergées, et ce déploiement n’aidait en rien la jeune fille à garder son calme. Les mains braquées sur le torse de l’inconnu, poussant du mieux qu’elle pouvait, elle essaya une dernière fois de le faire reculer. Avant de bondir.

Ce qui dû arriver arriva. Alors qu’elle avait tenté en vain de s’échapper, la part d’elle-même qu’elle retenait en profita. Une brèche s’était entrouverte, la panique écartant la faille petit à petit. L’occasion était parfaite, et l’animal s’y fraya un chemin sans la moindre difficulté. Dans son énième effort, Kazuha s’était transformé. Bondissant en avant, évacuant tout son poids sur le jeune homme. Ce dernier, présentement au sol, était désormais loin du cou de la jeune fille. Libéré de cette emprise, elle n’avait néanmoins plus rien d’humain. Un loup crème aux reflets dorés se dressait sur quatre pattes agiles. La bête n’avait plus rien d’angélique. Ce n’était plus qu’un amas de fourrure qui s’avançait prêt de l’homme à terre. Grimpant sur lui, salissant son pull au passage, elle imposa son poids au vampire. Le clouant ainsi  au sol, l’animal se mit à grogner. Comment avait-il pu franchir une telle limite ? Comment avait-il pu ne pas entendre ses plaintes. Certes, elle avait dépassé toutes les règles, elle l’avait provoqué. Elle s’était donc excusée à sa manière, en acceptant la morsure sans rechigner. Mais lorsqu’a son tour elle s’était plaint, pourquoi n’avait-il pas réagit. Ce n’était pas équitable, ce n’était pas juste. Et simplement, ses actes étaient démesurés. Alors que Kazuha avait joué l’évidente carte de la provocation, l’homme lui était allé au-delà. Il l’avait marqué, physiquement et psychologiquement. Il avait laissé une empreinte indélébile sur elle, marquant sa propriété. Et ça, nul doutes que la louve ne pouvait le laisser passer. Ainsi, l’animal s’avança jusqu’à la hauteur de son visage. Le surplombant, elle planta son regard restant bleuté dans le sien. Toute tendresse avait disparu. Les babines relevés, les crocs dévoilés, un grognement rauque d’échappait de sa gorge, mêlée à cette haleine putride qui caractérise les carnassier tel quel. Un filet de base se glissa entre ses molaires, jusqu’à dégouliner d’entre ses dents pour venir caresser la joue de l’homme. Kazuha ne se reconnait plus. Du moins, elle ne connaissait pas cette partie d’elle-même. Etre un animorphe était quelque chose de bien spécifique. Ce n’était pas simplement le pouvoir de changer d’apparence. Cela se gravait dans l’esprit, dans la conscience. L’instinct animal était là, présent, et gravé. Une proie était une proie, un prédateur était un prédateur. Et lorsqu’un prédateur se sent menacé, il attaque. Les oreilles plaquées à l’arrière, la louve ne cessait de grogner. Elle fit claquer sa mâchoire à quelques centimètres du visage du vampire, lui montrant tout son désagrément, toute sa rage. La louve n’était désormais plus en cage, Kazuha se sentait libéré de tout ce poids. C’était épuisant de devoir se contenir à chaque instant, d’entendre hurler en elle à chaque difficulté. C’était si simple d’être comme ceci. Sur quatre pattes, les soucis s’envolaient. Plus de contraintes, plus de peine. Elle agissait à l’instinct, elle marchait à la volonté. Elle comprenait que certains animorphe aient du mal à retourner sous forme humaine. Quelques fois, il était plus aisé de fuir ses problèmes en gambadant paisiblement dans la forêt. Les pensées se résumaient à la chasse, l’amusement, la faim et le sommeil. Plus besoin de raisonner ou d’hésiter, tout ce faisait à l’instinct, au feeling n’est-ce pas. Il en devenait même facile d’oublier les personnes qui nous étaient proches. L’animal est fascinant face à un adversaire. Mais Kazuha n’oubliait pas qui il était, et encore moins ce qu’il lui avait fait. Elle avait beau le plaindre, vouloir l’aider, l’apprécier, et être totalement attiré par lui, il ne restait pas moins un adversaire. Et elle en avait encore plus conscience désormais. Face à lui, lui crachant presque sa haine au visage, elle s’en voulait de s’être fait avoir. Elle s’en voulait tout autant qu’a lui. Il l’avait marqué, il l’avait salit. Et puisqu’il comptait se l’approprier, Kazuha ferait de même. Dans un mouvement rapide, elle attrapa l’épaule droite de l’adulte et y planta sa mâchoire. Relâchant tout ce qu’elle avait gardé au fond d’elle, elle déchira le vêtement du jeune homme pour venir percer sa peau glaciale. Le marquant à son tour, elle se redressa. Une belle marque de dent s’étalait sous le tissu. Plus épaisse, plus brutale, et plus sale que celle d’un vampire, cela n’en restait pas moins une morsure, englobant toute l’épaule de ce dernier. Il n’était pas question qu’elle soit la seule à porter une marque de cette échange.

Son pelage crème commença à suer, notamment vers son cou. Son échine se tachait de rouge, encore marqué par les crocs du vampire. La jeune fille avait puisé dans ses dernières ressources pour se transformer, sa volonté de se libérer plus puissante que jamais. Mais fatiguée par toutes ses transformations, angélique tout comme animale, et pas encore remise de sa très récente morsure, l’étudiante était épuisée. Emotionnellement comme physiquement, elle ne tenait plus. Et c’est tout naturellement qu’elle s’écroula sur le jeune homme. Toute trace de fourrure disparue, la seule pilosité apparente étant sa longue chevelure dorée. Toute trace de vêtement par la même occasion, évaporée aussi. Ces derniers s’étant déchirés lors de sa transformation, la jeune femme se retrouvait désormais nue, allongé sur le vampire. Elle ferma les yeux aveuglée une nouvelle fois par le soleil. Elle avait du mal à respirer, et surtout, elle était fatiguée. Avait-elle rêvé tout cet entretient ? Avait-elle réellement dévoilé sa nature complète à un inconnu ? Avait-elle provoqué ce vampire ? Et surtout : avait-elle réellement confondu un membre du personnel avec un élève ? Kazuha perdit finalement conscience, et s’écroula sur l’inconnu, épuisée.



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